Synopsis

Alvarez Kelly a traversé avec un immense troupeau de bovins l’Est du Pays du Texas jusqu’à la Virginie. A quelques lieues de Richmond il doit remettre le troupeau au colonel Steadman de l’armée nordiste. Celle-ci encercle totalement la capitale confédérée dont les troupes sudistes à l’agonie meurent de faim. Alvarez Kelly se fait enlever par le colonel Rossiter et sa troupe de sudistes jusqu’au-boutistes. Ordre lui est donné de dérober le bétail qu’il vient de vendre et le faire passer à travers les lignes nordistes pour soulager en nourriture Richmond. Mais on ne s’improvise pas cow-boy. Alvarez Kelly doit former la troupe sudiste, tout en tentant de reprendre sa liberté…

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CRITIQUE

Ce western ne fait pas partie des classiques du genre.

Malgré un sujet original : l’approvisionnement des troupes durant la guerre de sécession, le traitement n’est guère à la hauteur.

Tout d’abord le spectateur perçoit mal la situation désespérée des Etats du sud qui vivent leurs derniers mois de guerre.
Il manque des scènes d’Etat-Major dans la capitale sudiste. Il manque aussi des scènes à Richmond qui montreraient une ville exsangue.

De plus le scénariste tente d’introduire une rivalité amoureuse entre Alvarez Kelly et le colonel Rossiter totalement inutile et inintéressante.

Cependant les prestations de William Holden et Richard Widmark sans être pour autant inoubliables sont solides.
Patrick O’ Neal aurait peut-être mérité un rôle un peu plus étoffé car lui aussi fait une belle composition de rôle.

La réalisation de Edward Dmytryk laisse beaucoup à désirer surtout dans la bataille finale, où les caméras sont mal placées, le montage est bâclé, et donne l’impression désagréable d’amateurisme.

La musique de Johnny Green n’a aucun mérite.

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LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE

L’utilisation du troupeau de bétail comme arme pour enfoncer les lignes nordistes. Cependant Howard Hawks dans son film « La rivière rouge » (« Red river« ) (1948) avait fait bien mieux et bien plus spectaculaire.

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L’ANECDOTE 

Edward Dmytryk (1908-1999) est un des « 10 d’Hollywood ». Le maccarthysme fait rage et touche l’industrie du cinéma.
Ils sont producteurs, scénaristes ou réalisateurs et soupçonnés de sympathie communiste. Ces 10 sont convoqués par la commission d’activités antiaméricaines (HUAC). Refusant de répondre aux questions en invoquant le 1er amendement de la Constitution américaine, ils sont accusés d’outrage par le Congrès.
Et aussitôt mis au ban d’Hollywood, inscrits sur une liste noire, lors d’une réunion des principaux studios au Waldorf Astria à New York.  Désormais ils ne peuvent plus travailler.
Edward Dmytryk fut condamné à 6 mois de prison et 500$ d’amende. Après deux années d’exil en Angleterre il rentre aux Etats-Unis pour purger sa peine mais surtout négocier.
Des 10 seul Edward Dmytryk s’est finalement rétracté donnant 26 noms de communistes ou sympathisants. Mais tous étaient déjà connus de l’HUAC.
Il peut reprendre sa carrière à Hollywood. Sa réputation de traître ne le quittera plus.

NOTE : 11/20

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