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SYNOPSIS

Tino est un jeune homme qui veut suivre des cours de peintures à Venise. Il est accueilli dans le palazzo de sa tante Elisa et son oncle Fabio Stolz. Le palazzo n’est qu’en partie occupé, l’autre étant en décrépitude. Alors qu’il n’a vu que sa tante le premier jour, il va se coucher et dans la nuit est réveillé par d’étranges bruits au-dessus de sa chambre. Au matin c’est son oncle qui le réveille un peu brutalement. Il faut dire qu’il est issu d’une famille autrichienne habituée aux méthodes spartiates. Son oncle se comporte étrangement et ne supporte pas la jeunesse de ces années avec leurs cheveux longs. Tino pendant son cours est subjugué par une jeune femme, Lucia, qui vient faire la modèle pour les étudiants…

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CRITIQUE

Dire que je n’ai pas été désarçonné par ce film serait mentir.

Ayant vu une dizaine de films de Dino Risi et tous étant fortement ancrés dans la comédie ou la comédie à l’italienne, celui-ci qui s’oriente vers le drame psychiatrique, ou le thriller psychologique m’ a un peu perdu.
C’est donc après un second visionnage et m’étant fait à l’idée qu’il n’était donc pas question de comédie que j’ai pu apprécier cette œuvre.

Le film est une très libre adaptation d’un roman de Giovanni Arpino. Auteur que Dino Risi avait déjà retranscrit à l’écran dans « Parfum de femme » (« Profumo di donna« ) en 1975 et qui déjà faisait pencher la comédie à l’italienne vers le drame.
Le scénariste Bernardino Zappino c’était déjà frotté à un film où la psychiatrie avait une grande part. Je parle de « Vertiges » (« Per le antiche scale« ) (1975) de Mauro Bolognini.

Pour « Parfum de femme » le personnage principal était un tout jeune homme. Et encore Vittorio Gassman sortait de son génie un personnage hors norme, aveugle, misanthrope, et porté sur le sexe, personnage que l’on oublie pas même des années après!
C’est aussi le cas dans ce film. Vittorio Gassman est parfait dans le rôle de cet ingénieur du gaz de souche autrichienne et d’éducation rigoriste qui n’hésite pas à la maison à humilier sa femme par des reproches incessants sur sa façon de s’habiller, ou de boire à table.
Et l’acteur devient d’autant plus remarquable quand dans le récit le jeune Tino découvre sa vraie personnalité.

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Catherine Deneuve est parfaite. D’une beauté glacée comme la ville de Venise.
Même le jeune Tino qui pourrait être physiquement attiré par pareille beauté lui préfère celle plus nature de Lucia (Anicée Alvina enfin dans un bon rôle).
Danilo Mattei est un peu tendre dans ce rôle. Certes il ne fallait pas y mettre un dur à cuire, mais face à Gassman il est un peu trop faible.

Le choix de Venise n’est pas anodin. Dans le roman l’action se situait à Turin. Mais le parallèle de la décrépitude de la Venise des années 1970 (qui depuis a connu une renaissance), où les palais tombent en ruine, où les détritus envahissent la lagune, avec le couple Fabio et Elisa Stolz est tout à fait judicieux.
Et comme le couple Stolz incarné par deux acteurs magnifiques, la ville exerce une fascination-répulsion sur le spectateur.

Dino Risi maîtrise à la perfection son récit le faisant avancer touche à touche.
Certes on devine à un moment du film ce que le film finira par nous révéler sur l’ingénieur Stolz, mais cela n’ôte pas grand chose à la qualité du film.

Ce qui lui est plus préjudiciable, c’est la musique de Francis Lai qui n’est vraiment pas à la hauteur.

 

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LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE

Fabio Stolz accompagne son neveu Tino à l’école des beaux arts. Fabio Stolz traite le professeur d’incapable et les jeunes artistes à cheveux longs de vauriens. Il en saisit même un par la tignasse. Il rejoint l’industriel Santenocito de « Au nom du peuple italien » « In nome del popolo italiano » (1971) qui prend des auto-stoppeurs pour les accabler sur leur fainéantise.

L’ANECDOTE

Le film se situe entre « La carrière d’une femme de chambre » (« Telefoni bianchi« ) (1976) et « La chambre de l’évêque » (« La stanza del vescovo« ) (1977). Depuis la fin des années 1950 Dino Risi tournait en moyenne deux films par an.

Une seconde anecdote vous attend dans les commentaires en bas de page. 

NOTE : 15/20

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1 Comments

  1. Didier 30 mai 2020

    S'agissant du casting, Dino Risi a réussi là où Claude Sautet avait échoué quelques années auparavant : réunir à l'écran Vittorio Gassman et Catherine Deneuve. En effet, le réalisateur des "Choses de la vie" souhaitait que le couple de "César et Rosalie" soit incarné par ces deux acteurs. Mais, après lecture du synopsis, l'italien a refusé la proposition car ne voulant pas jouer le rôle d'un cocu... et la française n'était pas disponible pour le tournage, au printemps 1972, car enceinte de sa fille, la future Chiara Mastroianni... A noter que Romy Schneider (qui héritera du rôle de "Rosalie") tournera, sous la direction du même Dino Risi, en 1981, un film avec le père de Chiara Mastroianni, "Fantôme d'amour"...