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Synopsis

France 1916 au-dessus d’un champ de bataille, un pilote français Jo Cavalier et un pilote allemand Günther von Beckmann se livrent à un duel aérien. Tous deux finissent sur le plancher des vaches et revendiquent la victoire. Une salve d’obus les met d’accord : il faut sauver sa peau.
1936, lors d’un match de boxe l’entraîneur Jo Cavalier qui voit son champion vainqueur, asperge malencontreusement Gabrielle Delcourt, une journaliste au premier rang. Quelques heures plus tard, dans le restaurant où la délégation de boxe française mange pour fêter leur qualification aux Jeux Olympiques de Berlin, Jo Cavalier bouscule Gabrielle Delcourt elle aussi à table avec quelques journalistes. Celle-ci se venge en soulignant la lâcheté de ceux qui se rendent à Berlin et devront saluer le chancelier Hitler…

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CRITIQUE

Le plus gros succès de Bebel dans les salles de cinéma. On se demande comment cela est possible car le film est assez poussif sur bien des plans.
Tout d’abord sur le plan scénaristique. Bien qu’aidé de sa fille Danièle Thompson, le scénario manque sérieusement de fluidité.
Le film tourne trop autour du personnage de Jean-Paul Belmondo qui étouffe les autres, notamment Marie-France Pisier.
Enfin entre les séquences de remplissage (avec l’ourson) et les redites (poursuite voiture-motos empruntée à « La grande vadrouille » et la danse ethnique empruntée à « Rabbi Jacob« ), Gérard Oury & daughter semblent se complaire dans l’auto citation.

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Sur le plan de la comédie, l’humour est plutôt laborieux. Le film manque de rythme et une comédie sans rythme ressemble plus à un ectoplasme qu’à un film.
Sur le plan de l’aventure, les scènes sont largement téléphonées et donnent une longueur d’avance au spectateur qui n’est donc jamais surpris.

Reste donc la prestation de notre Bebel national (49 piges) qui bien que vieillissant maintient la forme, et porte avec assurance le calbute et le marcel devant les dames et les nazis. Il distribue les bourre-pif avec délectation. Et donne aussi quelques bons moments plus tendres avec le gamin faisant passer les messages du film.

Le jeune David Ferrache n’est pas mauvais du tout. Et c’est une bonne surprise.

Enfin la musique de Vladimir Cosma vous met le piano dans la tête pour quelques heures. Si on aime le piano ça va!


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LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE

Jo Cavalier se rend à la librairie tenue par les membres de la famille du jeune juif qui l’accompagne. Les livres interdits par le régime nazi sont passés en revue. Avant une bagarre générale entre Jo Cavalier et la Gestapo. Bonne scène de comédie.

L’ANECDOTE

Gérard Oury et Jean-Paul Belmondo se sont retrouvés quasiment mis au banc de la société du cinéma français pour « avoir empêché »  le film de Jacques Demy « Une chambre en ville » (1982) d’avoir trouvé son public en inondant les salles de copies. Même s’il est vrai que le nombre de copies des deux films est bien largement supérieur pour « L’as des as« , la polémique initiée par le magazine « Télérama » n’est pas sincère et bien mal argumentée. Jean-Paul Belmondo se fendra d’une lettre-réponse qui fera cesser les cancans.

NOTE : 10/20

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2 Comments

  1. Didier 26 avril 2020

    Voici une anecdote intéressante (et assez peu connue) à propos de la musique du film, qui aurait très bien pu être signée... Ennio Morricone. C'est Vladimir Cosma qui parle : "Gérard Oury m'a appelé en m'avouant qu'il voulait absolument travailler avec moi sur ce film. Mais, me dit-il, René Château (le bras droit de Belmondo) veut Morricone autant que moi je te veux ! Comme pour la scène de "La Danse des jeunes hassidiques" dans "Rabbi Jacob", il y avait dans "L'As des as" une séquence chorégraphiée où on devait entendre en alternance de la musique bavaroise et de la musique juive. Ces deux musiques devaient se succéder et même "s'interpénétrer". Très gentiment, Gérard m'affirma que j'étais le seul à pouvoir réaliser cet exercice délicat. La suite de la conversation fut beaucoup moins drôle : il m'expliqua que, pour convaincre la production, je devais écrire une maquette de la musique de cette scène, et qu'elle serait comparée à celle d'Ennio Morricone ! Comme c'est un grand musicien, je me méfiais ! J'ai donc refusé de jouer le jeu de la compétition des maquettes. Après quelques semaines sans nouvelles, Gérard m'appela en me demandant fermement d'en réaliser une quand même, m'affirmant que j'avais 95 % de chances, et que, si je trouvais une idée aussi percutante que pour "Rabbi Jacob", je remporterais certainement la partie. J'ai préparé l'enregistrement, en suivant ses indications, qui me prouvaient sa véritable envie de faire le film avec moi. Je le remercie encore de ce cadeau magnifique et de sa persévérance." (source : "Vladimir Cosma - Comme au cinéma - Entretiens avec Vincent Perrot", éditions Hors Collection, 2009, p. 91)

  2. littlebigxav 26 avril 2020

    Effectivement je ne connaissais pas cette mise en compétition entre Cosma et Morricone. Cosma refusant de jouer le jeu. Nous n'avons pas le point de vue de Morricone, mais je sais qu'il n'apprécie pas non plus cette forme de concurrence. De toute façon il valait mieux que ce fut Cosma qui fit la musique, puisque c'était le choix de cœur de Gérard Oury. Étonnant quand même que la compétition ait lieu sur le morceau du film le moins intéressant (à mon goût) de Vladimir Cosma et sur une des pires scènes du film (toujours à mon goût).