Synopsis

Texas années 2010, deux frères à la mort de leur mère se retrouvent à la tête d’une ferme qui croule sous les dettes, la Texas Midland Banks menace de saisie Toby et Tanner. Constatant que c’est la banque qui les a mis dans cette situation inextricable, ils décident de braquer les banques de la Texas Midland Banks afin de rembourser les dettes. Mais Tanner est un violent et prend des risques lors des braquages. Le FBI estimant les sommes volées insuffisantes pour se lancer dans l’enquête, c’est au Texas rangers de s’en occuper MArcus Hamilton (à deux doigts de la retraite) et son co-équipier indien Alberto Parker suivent la piste des cambriolages…

CRITIQUE

Superbe film policier sous forme de néo western (ou réciproquement).

Certes l’aspect policier est remarquable, le côté western, avec cavalcades en pickup est superbe dans les décors naturels somptueux du Nouveau Mexique. Voici pour les pleins.

Mais le film est aussi en délié une critique du système de prêts bancaires auprès de fermiers qui n’ont d’autres choix que l’endettement encouragé par les banques jusqu’à faillite et reprise par la banque. Le titre original du film « Hell or high water » fait référence aux contrats signés qui doivent être remboursé quelles que soient les difficultés rencontrés durant le contrat. Un genre de « payer ou rendre gorge ».
C’est encore une visite de l’Amérique profonde, laissée sur le bord de la route de l’American way of life, où a 74 ans on est une serveuse acariâtre dans un rade miteux pour survivre et ne pas se laisser déclasser une fois encore.

Et ce film est donc la révolte armée de deux frères face aux banques et la misère qui les a étreint depuis des générations.

Le casting est un vrai bonheur. Il fonctionne avec deux duo l’un pourchassant l’autre.
Le duo de policier constitué du grandiose Jeff Bridges qui est une icône du « Nouvel Hollywood » et qui accumule les rôles marquants au long de sa filmographie et celui-ci en fait partie. Il est accompagné du plus méconnu Gil Birmingham qui ici supporte au mieux l’humour de son vieux coéquipier, et ses décisions qui semblent iconoclastes. D’origines Comanche il est à longueur de journée l’objet des sarcasmes du vieux Texan. Gil Birmingham tient la dragée haute à Jeff Bridges.
Le plus intéressant est l’écriture du duo de braqueurs. Car le spectateur ressent de l’empathie pour eux face aux banques qu’ils braquent. En dépit de la violence qu’ils exercent, surtout le personnage incarné par Ben Foster, les banques passent pour être la pire chose qui soit et les combattre devient un bienfait quasiment un geste honorifique.

Le spectateur appréciera aussi cette fin ouverte avec un arrière goût d’inachevé et le face à face entre les deux survivants de chaque duo mi- menaçant, mi- apaisé. Et chacun vivra avec ses tourments et ses fantômes.

Le soundtrack du film à base violon, de piano et de guitare électrique saturée accueille aussi quelques morceaux de musique country. Il accompagne à merveille ce film beigné de chaleur torride, de violence sous-jacente, et d’humanité arrosée de bière et de Dr Pepper.

 


LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE

La rencontre finale. Jeff Bridges et Chris Pine formidables jouent avec la tension des moments vécus chacun de leur côté, de la perte de leur ami ou frère et d’un compte pas vraiment réglé.

L’ANECDOTE

Gil Birmingham a participé au tournage du film français « Le jaguar » (1996) de Francis Veber qui nécessitait un aéropage d’indiens.

NOTE : 16/20

Video & Photo

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