ROCKY (1976)

rueducine.com-rocky-1976FILM DE : John G. Avildsen
PAYS : USA
GENRE : Comédie dramatique, Sport
AVEC : Sylvester Stallone, Talia Shire, Burt Young, Carl Weathers, Burgess Meredith, Thayer David, Joe Spinell…
SCÉNARIO : Sylvester Stallone
MUSIQUE : Bill Conti

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SYNOPSIS : Philadelphie années 1970 à la veille de Thanksgiving. Rocky Balboa vivote. Il habite pas loin des quais sur le Delaware. Son rêve de boxeur est entrain de prendre l’eau. Il a un travail en tant que recouvreur de dettes pour le compte de Gazzo un mafieux. Il a un ami Paulie qui travaille dans un abattoir. Paulie, lui, voudrait bien bosser pour Gazzo mais Rocky tente de le convaincre chaque jour que son job aux abattoir est bien mieux que travailler pour Gazzo. Paulie a une soeur Adrian, elle n’est pas jolie, elle est très timide et quand Rocky va la voir dans son magasin pour animaux pour acheter de la nourriture pour ses tortues, il a beau lui faire la conversation, elle ne lui répond pas. Rocky se désespère de ne pas pouvoir sortir avec Adrian. Comble de malheur il vient de se faire virer de la salle de boxe. Mickey son entraîneur ne supporte plus de le voir traîner avec Gazzo et d’avoir gâché ses chances de devenir champion de boxe. En ville le champion du monde Apollo Creed vient de perdre son challenger sur abandon. Il décide de donner sa chance à un inconnu et choisit sur un annuaire de boxe « l’étalon italien » Rocky…rueducine.com-rocky-photo (3)

CRITIQUE : Sylvester Stallone a écrit un chef d’oeuvre. Et ce chef d’oeuvre c’est « Rocky« . La force de ce film c’est que ce n’est pas un film sur la boxe. D’ailleurs le combat de boxe même s’il est écrit avec un bon suspens n’est cependant pas le meilleur du film. L’affrontement des deux boxeurs est plutôt irréaliste. Aucun match de boxe ne se déroule ainsi, les coups portés étant nettement exagérés.
Ceci dit l’intérêt du film réside dans le fait que le film décrit trois solitudes.
Tout d’abord celle de Rocky qui n’a jamais cru à ses chances dans la boxe et s’est laissé allé à travailler pour la mafia. Même s’il reste un brave type et a quelques scrupules à briser les doigts des mauvais payeurs, s’il fait la leçon aux jeunes filles du quartier qui traînent avec les loubards, et s’il refuse d’introduire son pote Paulie dans la mafia. Célibataire à la démarche chaloupée, avec un improbable galure sur la tête, à la recherche d’une femme auprès de lui et qui en attendant s’est offert un poisson et deux tortues auxquels il fait la conversation.
Celle de son pote Paulie qui vit avec sa soeur Adrian. A un boulot dur dans les frigos d’un abattoir. Et veut en sortir pourquoi pas en bossant pour la mafia. Il joue les entremetteurs entre son pote et sa soeur car il a du mal a supporter que celle-ci finisse vieille fille et qu’elle soit toujours entre ses pattes. Il est aussi jaloux de son pote son métier l’use et il aimerait se la couler douce à l’ombre de la mafia.
Enfin celle d’Adrian, fille timide, vendeuse dans une boutique d’animaux pas vraiment sensible à la façon de draguer employée par Rocky qui passe deux fois par jour dans la boutique et essaie de lui faire maladroitement la conversation.rueducine.com-rocky-photo (2)
C’est aussi un film sur une ville (Philadelphie) qui a eu ses heures de gloire (première capitale des Etats-Unis qui accumule les lieux symboles de l’indépendance) mais qui depuis la fin de la seconde guerre est en pleine crise. Un peu comme Detroit en ces années 2010 avec flambée de violence et hémorragie de la population, suite à une désindustrialisation, qui part travailler ailleurs. Sans parler de la corruption politique et des mafias irlandaises et italiennes qui se partagent le territoire.
Le film s’attarde peu sur le centre ville rénové, juste le temps d’un jogging entre la mairie (City hall) et le Museum of art. Il privilégie plutôt les plans des enfilades de maison en rangées (row house) inspirées de l’architecture des cités ouvrières britanniques. Quartiers laissés à l’abandon par une rueducine.com-oscar1municipalité en crise. C’est aussi l’occasion pour le réalisateur de montrer des terrains vagues et industriels en friche qui en ses années font florès dans la ville.
C’est la description aussi d’une société de petits blancs, de losers, des écartés du rêve américain, qui survivent plus qu’ils ne vivent. Où l’on ne peut se sortir de sa condition que dans une souffrance terrible comme se faire massacrer sur un ring.
John G. Avildsen signe son meilleur film qui est couronné par trois oscars. Meilleur film, meilleur réalisateur et meilleur montage.
Sylvester Stallone et Talia Shire tous deux excellents dans ce film crèvent littéralement l’écran. Ils deviennent un couple de cinéma mythique.
Burgess Meredith a une scène sensationnelle lorsqu’il se rend chez Rocky après qu’il ait été choisi par Apollo Creed comme challenger.
Et Burt Young est magnifique en frère aigri d’Adrian tantôt sympa tantôt imbuvable.
Gros casting.
Bill Conti très inspiré a composé une musique qui allie airs patriotiques, fanfares allégoriques et disco dont les villes de New York et Philadelphie ont contribué à sa popularité fin des années 1960 début des années 1970.

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LA SCENE D’ANTHOLOGIE : Rocky raccompagne la petite Marie chez elle alors qu’il la trouve un soir à traîner avec des loubards. Tout au long du chemin il lui fait la leçon sur la façon dont une jeune fille doit se comporter et ne qui elle doit fréquenter. Arrivé chez elle celle-ci dans un langage fleuri lui fait comprendre que ses belles paroles il peut aller les servir à d’autres. Belle scène nocturne qui déambule dans les quartiers déshérités de Philly.rueducine.com-rocky-photo

NOTE : 18/20

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L’ANECDOTE : Sylvester Stallone a eu quelques difficultés à interpréter le personnage de Rocky. Pour les producteurs il n’en était pas question dans un premier temps. Mais faute de candidats au rôle et contre l’abandon de sa rémunération en tant que scénariste du film, Sylvester Stallone peut prendre le rôle. rueducine.com-rocky-poster

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