VÉNUS BEAUTÉ (INSTITUT)
- Audrey Tautou, Jacques Bonaffé, Robert Hossein, Philippe Harel, Patrick Pineau, Nathalie Baye, Micheline Presle, Mathilde Seigner, Liliane Rovère, Hélène Fillières, Brigitte Roüan, Gilbert Melki, Emmanuelle Riva, Elli Medeiros, Claire Nebout, Claire Denis, Chantal Bronner, Bulle Ogier, Samuel Le Bihan
- Tonie Marshall
- Comédie dramatique
- 1999
- France
- Jacques Audiard, Marion Vernoux, Tonie Marshall
- Khalil Chahine
Synopsis
Dans un café d’une gare parisienne, Angèle la quarantaine se fait larguer par un homme qu’elle a connu pendant trois jours. Un jeune homme est témoin de cette scène et semble ému vis-à-vis d’Angèle. Angèle aborde les hommes et se contente d’étreintes d’une nuit. Elle travail au « Vénus Beauté (institut) », Elle a deux collègues Samantha et Marie et une patronne Nadine. Elles ont une clientèle de quartier très féminine, où chacune vient soigner corps et bleus à l’âme. Le jeune homme a suivi Angèle jusqu’à son travail et hésite à l’aborder. Un jour qu’Angèle est au comptoir du bar proche de l’institut de beauté, Antoine, le jeune homme de la gare, prénommé Antoine, l’aborde…
CRITIQUE
Portrait sous forme de chronique d’une femme perdue dans sa vie sentimentale et dans sa vie professionnelle. Elle passe ses journées à écouter les déboires physiques et sentimentaux de sa clientèle mais néglige sa vie.
Sa patronne lui fait remarquer qu’à son âge et avec son expérience elle devrait être à patronne d’un institut plutôt qu’employée.
Côté sentimental ce n’est guère mieux, adepte du coup d’un soir, elle aborde les hommes les saoûle de paroles et cela finit soit à l’hotel soit dans une voiture.
Ce film est aussi des mini portraits de femmes (les clientes de l’institut) qui viennent trouver dans cette boutique chaleur, compréhension, ou pour le moins une oreille à qui confier des blessures ou des joies. Tout le monde est un peu cabossé par la vie, le temps, la peur de vieillir et les désillusions ou les renoncements.
On peut dire que c’est un film choral mais structuré par un premier rôle (Nathalie Baye) entouré de seconds rôles (Mathilde Seigner, Audrey Tautou, Bulle Ogier et Samuel Le Bihan) autour desquels gravitent une kyrielle de petits rôles (les acteurs et actrices qui interprètent les clientes, les hommes de passage, et la fiancée d’Antoine).
Nathalie Baye et comme la plupart du temps juste et émouvante. Elle joue un personnage policé et professionnel dans l’institut de beauté mais une fois dehors semble complètement déréglée dans la société. Elle aborde les hommes avec un aplomb qui peut en effaroucher plus d’un, et les ensevelit de paroles pour au final demander « Alors on fait ça où ? » C’est à dire l’acte sexuel. Car il n’est pas question d’amour ou du moindre sentiment.
Lorsque surgit Antoine, l’actrice parvient à faire passer des sentiments certes contradictoire entre peur de l’engagement et le début d’un véritable sentiment amoureux. Le personnage d’Angèle souffle ainsi le chaud et le froid jusqu’à la fin.
Les actrices ont toutes « leur moment » de présence devant la caméra et Tonie Marshall sait saisir la fragilité de ces femmes toutes en recherche de ce qu’elles n’ont pas, ou n’ont plus.
Même le plus petit des rôles n’est pas négligé dans la mise en scène. La parole de chacune, qu’elle soit profonde ou superficielle, est tournée avec le même soin par la réalisatrice.
L’institut est photographié avec des couleurs vives (rose, bleue, verte, jaune). Comme ces paquets de guimauves qui réchauffent les sentiments quand on les déguste. On se confesse et on se métamorphose derrière des portes coulissantes. Les miroirs, les reflets des vitrines renvoient leur image à la clientèle avant et après leur passage en cabine.
La film se déroule entre l’avant Noël et le soir du réveillon de la nouvelle année. Cet ultime soirée est filmée de façon très onirique avec tentative de meurtre ou meurtre (cela reste à l’appréciation du spectateur) d’une femme jalouse sur un couple en train de se trouver. A chacun d’y trouver sa conclusion.
La musique du film est quasi inexistante ou extrèmement discrète. C’est celle de la porte de l’institut quand elle s’ouvre qui rythme le film et les séquences.
« Vénus beauté (institut) remporte 4 César : meilleur film, meilleur espoir féminin, meilleur scénario original ou adaptation et meilleur réalisateur
LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE
Angèle dans un self service le soir, plateau repas à la main demande à un inconnu qui mange seul si elle peut s’installer à sa table. Un comportement masculin qui interpelle le spectateur.
L’ANECDOTE
Premier rôle au cinéma d’Audrey Tautou.
Le film est un succès critique et public, elle reçoit le César du meilleur espoir féminin et lance sa carrière de façon spectaculaire. Deux ans plus tard le film de Jean-Pierre Jeunet « Le fabuleux destin d’Amélie Poulain » en fera une actrice à la stature internationale.
NOTE : 15/20

