NATHALIE BAYE, ACTRICE (1948-2026) Biographie, Filmographie
- Nathalie Baye
- Alain Jessua, Maurice Pialat, Tonie Marshall, Steven Spielberg, Robin Davis, Pierre Granier-Deferre, Philippe Labro, Noémie Lvovsky, Nicole Garcia, Martin Ritt, Bertrand Blier, Jean-Luc Godard, Guillaume Canet, François Truffaut, Diane Kurys, Daniel Vigne, Claude Chabrol, Bob Swaïm, Bertrand Tavernier, Xavier Dolan
- Biographie
- 1948-2026
- France
Synopsis
Nathalie Baye est fille d’un couple d’artistes peintres en mal de notoriété. La scoralité de la petite Nathalie est difficile par la faute d’une dyslexie et dyscalculie. Elle se réfugie dans les cours de danse qui l’amèneront jusqu’à New York. De retour en France une amie l’amène au cours Simon où Nathalie Baye comprend que sa voie est de devenir actrice et de dire des textes.
Puis elle entre au conservatoire national supérieur d’art dramatique et se retrouve avec Jacques Villeret, André Dussolier. Elle ressort diplomée en 1972.
Pendant ses études elle est lectrice pour la femme de l’auteur Paul Morand.
En 1971 elle obtient son premier rôle au théâtre de la Madeleine dans la pièce « Galapagos » mise en scène par Bernard Blier avec comme partenaire Gérard Depardieu.
Les parents de Nathalie n’approuvent pas vraiment la carrière que va suivre leur fille. Sa mère est particulièrement blessante la comparant à une prostituée.
Très vite Nathalie Baye court les castings parisiens et est engagée sur des tournages.
Elle trouve un tout petit rôle non inscrit dans le générique dans un film de Robert Wise « Brève rencontre à Paris » (« Two People« ). Puis François Truffaut l’engage pour le rôle d’une scripte dans « La nuit américaine » (1973).
Sur scène au théâtre elle rencontre Philippe Léotard avec lequel elle partagera quelques années de vie commune.
Elle alterne les Seconds rôles au cinéma et le théâtre.
En 1977 François Truffaut la rappelle pour tourner dans « L’homme qui aimait les femmes » dont le rôle principal est tenu par Charles Denner.
Deuxième réalisateur issu de la « Nouvelle vague« ,
Jean-Luc Godard la fait tourner dans « Sauve qui peut (la vie) » sorti en 1980 sur les écrans mais retenu quelques mois par le producteur pour attiser l’envie du public. Le film auparavant présenté à Cannes divise la critique. Certains sont enthousiastes, d’autre détestent.
Kirk Douglas président du jury passe le film à la trappe des récompenses.
L’actrice cependant prend de l’envergure. Et ses choix professionnels, exigeants, lui donnent une reconnaissance qui se concrétise à la cérémonie des César de 1981 où elle reçoit le César du meilleur second rôle féminin.
Bertrand Tavernier secoué par le film de Godard fait appel à Nathalie Baye pour son film « Une semaine de vacances » (1980). Elle est tête d’affiche avec Gérard Lanvin. Elle joue une prof assaillie par le doute sur la valeur de son métier et son aptitude à enseigner, qui prend une semaine d’arrêt de travail. L’actrice est à nouveau nommée aux César, mais ne récolte pas la statuette.
Elle tourne aussi pour Bertand Blier un second rôle dans « Beau père » (1981).
La carrière de Nathalie Baye va prendre un tournant populaire avec de gros succès publics : le drame historique « Le Retour de Martin Guerre » de Daniel Vigne, dont elle partage la vedette avec Gérard Depardieu, « J’ai épousé une ombre » de Robin Davis avec Richard Bohringer et Francis Huster et le polar « La Balance » de Bob Swaim, avec également Philippe Léotard et Richard Berry.
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Elle remporte consécutivement deux nouveaux César : d’abord en 1982, un César de la meilleure actrice dans un second rôle, qu’elle obtient pour la deuxième fois en deux ans grâce à sa prestation dans « Une étrange affaire » de Pierre Granier-Deferre, puis en 1983, celui de la meilleure actrice pour sa prestation dans « La Balance« . Avec Philippe Léotard en petit mac et Nathalie Baye en prostituée, dans un petit film policier, rempli de défauts, ils arrivent tous deux à faire vivre leurs personnages et les rendre mémorables pour les cinéphiles. Leur couple à la vie est déjà désintégré par l’addiction aux drogues de Philippe Léotard.
Elle rencontre Johnny Hallyday pour une émission télévisée, les deux vedettes vont vivre un amour passionnel et néanmoins médiatisé, qui durera 3 ans, et duquel naîtra Laura Smet qui elle aussi deviendra actrice.
Bertrand Blier la rappelle pour « Notre histoire » (1984) un film écrit pour Alain Delon producteur et acteur. L’acteur en mal de renouvellement de sa carrière, tourne un film dont la construction rappelle celle de « Buffet froid » (1979), qui mélange le fantastique, l’iconoclaste et le social. L’histoire d’amour onirique entre Nathalie Baye et Alain Delon est une belle réussite, hélas non couronnée de succès en salles, et boudée par le Festival de Cannes qui ne le sélectionne pas à la grande fureur du producteur Alain Delon.
Toujours en 1984 Philippe Labro, réalisateur auréaulé de succès au cinéma : « Sans mobile apparent » (1971), « L’héritier » (1973), et « L’alpagueur » (1976), tourne « Rive droite, rive gauche » un film qui sur le papier semble prometteur. Une distribution étincelante (Nathalie Baye, Gérard Depardieu, Carole Bouquet, Bernard Fresson, Jacques Weber) un scénario qui visite la politique, le journalisme et l’affairisme. Tout cela est très alléchant mais ne va pas bien loin. Le film est un succès public.
Nathalie Baye, l’année suivante retrouve Jean-Luc Godard pour « Détective » (1985) avec Johnny Hallyday, Claude Brasseur, Alain Cuny, Alain Terzieff et Jean-Pierre Léaud. Si l’on comprend bien ce que vient faire Nathalie Baye dans un film aux nombreuses citations littéraires, et à un montage almbiqué, le spectateur peut être plus circonspect sur la présence de Johnny Hallyday dont l’univers semble très éloigné.
En 1985 elle tourne dans un film franco-québécois « Lune de miel » de Patrick Jamain. Le film coécrit avec Philippe Setbon raconte l’histoire d’une femme qui contracte un mariage blanc à New York parceque son compagnon a été arrété pour trafic de drogue. Film oublié mais qui a des qualités d’interprétations évidentes.
En 1988 elle affronte dans « En toute innocence » d’Alain Jessua, Michel Serrault qui interprète son beau-père dont elle cherche à se débarrasser parcequ’il sait qu’elle trompe son mari avec le meilleur ami de ce dernier. L’affrontement Baye – Serrault est une réussite. L’intrigue non.
Puis on la retrouve dans deux bons films tournés par deux femmes.
« La Baule-Les-Pins » (1990) de Diane Kurys film choral où l’on retrouve Richard Berry, Zabou Breitman, Jean-Pierre Bacri et Vincent Lindon. Une histoire de couple qui se déchire sur fonds de vacances estivales.
« Un Week-end sur deux » (1990) de Nicole Garcia pourrait être une suite du premier. Nous nous situons après le divorce d’un couple et la difficulté pour la femme devenue mère célibataire, de mener vie professionnelle et vie familiale.
Nathalie Baye continue de tourner mais tombe dans un passage à vide où les films ne trouvent pas de public.
Ce n’est qu’en 1996 avec « Enfants de Salaud » troisième long métrage de Tonie Marshall qu’elle retrouve un succès. Avec Jean Yanne, Anémone, Molly Ringwald et François Cluzet. Quatre adultes qui ne se connaissent pas sont réunis à la mort de leur géniteur, un escroc.
L’esxpérience s’avérant concluante pour la réalisatrice et l’actrice, elles se retrouvent sur « Vénus Beauté (institut) » (1998). Film chronique sur la vie d’une femme qui soigne les corps et l’âme de ses clientes et se néglige sur le plan personnel et professionnel.
La même année elle tourne sous la direction du cinéaste belge Frédéric Fonteyne « Une liaison pornographique » (1998) au titre trompeur, puisque de la pornographie il n’yen a point. Le film raconte la rencontre purement sexuelle de deux êtres mais dont les sentiments amoureux finissent par les atteindre. Son partenaire est interprété par Sergi Lopez.
Nathalie Baye reçoit un prix d’interprétation à la Mostra de Venise.
En 2000 elle tourne pour Xavier Beauvois « Selon Mathieu » l’histoire d’une vengeance d’un ouvrier sur son patron en séduisant la femme de ce dernier. Mais cela ne se passe pas comme prévu. Avec Benoît Magimel et Antoine Chappey et Jean-Marie Winling. Le film est un four mais méritait bien mieux.
En 2001 avec Josiane Balasko elle se fourvoie dans une adpatation cinématographique d’une série britannique. Gabriel Aghion est à la manoeuvre au scénario et à la réalisation. La vulgarité de ses comédies (« Pédale douce » , « Belle maman« , « Le libertin« ) n’est pas démentie par « Absolument fabuleux« . Catastrophe générale sur le fond et la forme.
L’année suivante elle nous surprend dans un film de Steven Spielberg « Arrête-moi si tu peux » (« Catch me if you can« ). Elle interprète la mère d’un génie de l’escroquerie Frank Abagnale sous les traits de Leonardo DiCaprio. Steven Spielberg qui veut une actrice française pour interpréter la mère (française) de Frank Abagnale. Il l’a repéré dans « La nuit américaine » de François Truffaut et par l’entremise de Brian De Palma, ami de Nathalie Baye, lui fait passer le casting. Avec Tom Hanks et Christopher Walken.
Le film est plaisant avec un rythme enlevé.
En 2003 elle joue pour Claude Chabrol « La fleur du mal« . Elle interprète une bourgeoise, femme d’un pharmacien et candidate aux élections municipales du bourg. Un secret de famille datant de l’occupation nazie plane sur la famille. Claude Chabrol reprend (en moins bien) ses préoccupations sur le dérèglement bourgeois et sa solution par le crime.
La même année Noémie Lvosky tourne « Les sentiments » (2003) Deux couples se lient d’amitié mais le mari de l’un et la femme de l’autre vivent une histoire amoureuse. Avec Jean-Pierre Bacri, Isabelle Carré et Melvil Poupaud. Le film reçoit en 2003 le prix Louis Delluc et est bien accueilli par la critique ainsi que par le public.
« Le petit Lieutenant » (2005) de Xavier Beauvois annonce un nouveau genre dans le film policier. Avec ce film celui-ci prend un tournant social. Nathalie Baye y joue une commandant de police au passé alcoolique qui reprend son métier d’enquêtrice après une mise à l’écart de trois ans. Elle intègre dans son équipe un jeune issu de l’école des officiers de police. Un drame mortel frappera l’équipe.
Avec Jalil Lespert, Roshdy Zem, Antoine Chappey et Jacques Perrin.
Le film dans le sillon de « L.627 » de Bertrand Tavernier dont la veine sociale soutenait le film, « Le petit Lieutenant » reprend la description de la vie d’un commissariat et des policiers. Cette veine sociale ne s’ouvrira véritablement que dans les années 2010 pour perdurer grâce à des auteurs comme Frédéric Tellier, Arnaud Desplechin et Dominik Moll. Ces films mettent de côté l’aspect spectaculaire des films policiers, pour mieux fouiller la psychologie des enquêteurs et les traces des violences quotidiennes sur leur comportement.
Le film est salué par la critique et le public. Nathalie Baye reçoit son second César de la meilleure actrice.
On aperçoit l’actrice dans le polar spectaculaire de Guillaume Canet « Ne le dis à personne » (2006) où dans un second rôle elle interprète une avocate.
Elle retombe dans une sorte de ventre mou dans sa filmographie, où les rôles s’enchainent mais sans vraiment marquer.
En 2010 le réalisateur Pierre Salvadori qui est reconnu pour la qualité d’écriture de ses comédies fait tourner Nathalie Baye dans « De vrais mensonges » (2010). Elle retrouve Audrey Tautou qui interprète sa fille. Celle-ci envoie une lettre d’amour qui lui était adressée à sa mère dans le but de la sortir d’une déprime depuis que son mari l’a quitté. Bien entendu cette lettre va attirer les catastrophes.
La comédie est très réussie.
2015 elle tourne dans un polar immense « L’affaire SK1 » qui retrace l’enquête sur les assassinats du tueur en série Guy Georges. Elle y interprète l’avocate du tueur qui cherche à comprendre pourquoi il a commis ces crimes. C’est un second rôle mais il est brillant.
L’année suivante elle tourne pour la seconde fois avec le réalisateur québéquois qui a une aura de génie du 7ème art. « Juste la fin du monde » (2016) raconte l’histoire d’un écrivain qui retourne dans sa famille après des années pour annoncer sa prochaine mort. Gaspard Ulliel interprète l’écrivain et Nathalie Baye sa mère. Tiré d’une pièce de théâtre de Jean-Luc Lagarce, et tourné en 10 jours, le film est primé à Cannes Grand prix du jury et prix oeucuménique.
En 2017 Nathalie Baye tourne avec sa fille Laura Smet dans un film de Xavier Beauvois « Les gardiennes » qui raconte durant la première guerre mondiale, le travail des femmes dans les fermes françaises. Avec aussi Iris Ibry, Cyril Descours et Olivier Rabourdin.
On retrouvera Nathalie Baye dans les comédies régressives de Philippe Lacheau « Alibi.com » (2017) et « Alibi.com 2 » (2023).
Son dernier film est un petit film franco libanais de Carlos Chahine « La nuit du verre d’eau » (2023). Le film sur une crise familiale, se déroule durant la crise libanaise de 1958.
Atteinte d’une maladie auto immune, Nathalie Baye se retire des plateaux de tournage. Elle décède le 17 avril 2026.
Le cinéma français perd une actrice au talent éclectique qui a su alterner cinéma d’auteur et cinéma populaire.


