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Synopsis

Brooklyn années 1970, Tony Manero est un jeune homme d’origine italienne et prolétaire. Il travaille comme vendeur dans une boutique de bricolage. Il fréquente des amis de sa condition qui n’hésitent pas à faire le coup de poing. Le père de Tony est au chômage depuis quelques mois, la mère au foyer est fière de son autre fils, Franck qui est entré dans les ordres. Pour oublier sa condition sociale et être une personne reconnue, Tony danse le disco en boîte de nuit le samedi soir et particulièrement le 2001 Odyssey, où il claque son maigre salaire hebdomadaire en tenues et en boissons. Sur la piste il est respecté. Il a pour partenaire régulière Annette avec laquelle il a eu une aventure sexuelle. Un concours de disco est organisé par la boîte de nuit. Tony décide d’y participer. Il se rapproche d’une excellente danseuse, Stephanie, et lui propose de participer au concours en dansant avec lui. Stephanie est ambitieuse et passe son temps à dauber sur la condition sociale de Tony…

CRITIQUE 

Le film de John Badham écrit par Norman Wexler (« Serpico » (1973) de Sidney Lumet, « Mandingo » (1975) de Richard Fleischer) fait ouvertement référence à des films précédents « Serpico » donc, mais aussi « Un après midi de chien » (« Dog day afternoon« ) 1975 de Sidney Lumet. Clairement Al Pacino est pour Tony un modèle de réussite sociale pour une personne issue de la classe prolétarienne d’origine italienne.
Le film fait aussi référence à « Rocky » (1976) de John G. Avildsen. Ici aussi le prolo de Philadelphie se hisse au niveau du champion du monde de boxe et devient un homme reconnu dans la capitale de la Pennsylvanie.

Norman Wexler et John Badham font le choix d’un film moins « optimiste » que « Rocky« . La fin est plus douce-amère. Tony se retrouve face à un plafond de verre dû à sa condition sociale et son éducation. Il constate que sa partenaire Stephanie a pu passer de Brooklyn à Manhattan. Certes elle du donner un peu de son corps. Mais Tony constate que lui reste dans son quartier natal et continue à être vendeur dans son magasin de bricolage et peut-être comme ses collègues pour des dizaines d’années. Et qu’il ira danser au 2011 Odyssey pendant encore quelques années. C’est à la fois la prison de ses samedis soirs et le moyen d’évasion de sa condition sociale.

Ce qui surprend le plus dans le film est le concours en lui-même. Un peu miteux, avec un jury dont la neutralité est loin d’être prouvée, les 3 premiers prix s’avèrent n’être que des colifichets contestables sur leur obtention qui n’apportent pas de plus value sociale si ce n’est celle d’être reconnu dans son quartier. Ce qui est ma foi peu.

John Badham qui ressent les limites de son film lors des scènes de danses dans la boîte de nuit, accumule les plans en plongée, contre plongée, et autres positions de caméras inusités à une grande fréquence. Cela fait un peu sortir du film. Il se ressaisit dans les scènes de vie courante. Et parvient à saisir l’énergie de l’acteur dans son personnage de Tony.

L’aspect social du film et le déterminisme héréditaire de la classe prolétaire est l’aspect le plus intéressant du film.

« Saturday night fever » relance un genre de film qui s’émancipe le cinéma musical. Suivront « Grease« (1978), « The blues brothers » (1980), « Fame » (1980) « Flashdance » (1983), « Staying alive » (1983), »Footloose » (1984), « Dirty dancing » (1987) et bien d’autres…

LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE

Tony invite Stephanie à boire un café. Elle critique son extraction sociale et son manque d’ambition. Tony, amoureux, encaisse.

L’ANECDOTE

Le film sorti en pleine période disco bénéficie de l’engouement pour cette musique et notamment avec une bande originale signée des Bee Gees qui fit un tabac dans les bacs des disquaires. Le film est un immense succès commercial. Et lance John Travolta qui est nommé aux Oscars. Il enchaîne avec « Grease » (1978) de Randal Kleiser.

NOTE : 16/20

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