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Synopsis

En Sicile et aux Etats-Unis, il y a différentes façons pour la mafia de justifier ses assassinats. On place une cladode d’un figuier de barbarie au niveau du portefeuille pour annoncer que le défunt a volé de l’argent à la mafia, on arrache les yeux et on les place dans la main pour dire qu’il a été témoin de choses qu’il n’aurait pas dû voir, on lui ôte les parties génitales du corps pour signaler que le mort a fauté sexuellement ou encore on lui fourre une pierre dans la bouche parce que l’homme assassiné a été trop bavard avec les forces de l’ordre…

CRITIQUE 

Encore un titre français débile pour un film italien. Point d’incorruptibles dans ce film, encore moins de mafia défiée par quiconque. Le titre italien signifie « La pierre dans la bouche ».

Giuseppe Ferrara et Michele Pantaleone retracent le parcours de Cosa Nostra aux Etats-Unis et en Sicile depuis la seconde guerre mondiale jusqu’au milieu des années 1960. Ils montrent que des liens forts entre le pays américain et la région italienne ont existé, surtout à partir de la libération de la Sicile par les troupes américaines. Les libérateurs ont reçu une aide de Lucky Luciano qui a mis en ordre de marche la mafia sicilienne. La mafia a reçu en retour les pouvoirs d’administration de l’île, a été armée et a bénéficié des marchés les plus lucratifs de la reconstruction.

C’est clairement un film didactique pour appréhender le phénomène mafieux, les origines de sa puissance et la complexité de la lutte.
A noter que l’époque ultra violente de guerre contre l’Etat italien, avec comme chef mafieux Salvatore « Toto » Riina, n’a pas encore débuté. Riina devenant un chef de famille (les Corléonais) en 1974.

Le film est une alternance de séquences documentaires (en noir et blanc) et de scènes de fiction (en couleur) tournées par Giuseppe Ferrara avec des acteurs, pour la plupart inconnus. Il emprunte même des bouts de films d’autres réalisateurs « Paisà » (1946) de Roberto Rossellini et « Salvatore Giuliano » (1962) de Francesco Rosi.

Ce film hybride n’est pas une réussite dans sa forme. Ce mélange de documentaire et de cinéma n’est pas d’une grande efficacité à cause des incessantes ruptures de tons.
Sur le plan didactique, on peut dire qu’il atteint parfaitement son objectif. Le spectateur sort du film en comprenant le fonctionnement de la mafia, surtout sicilienne. Pour ce qui est de Cosa Nostra américaine, il en voit surtout le bras armé de la politique de Washington, et il en appréhende le développement capitaliste qui épouse la mondialisation. Les histoires des familles de Cosa Nostra outre-Atlantique restent cependant confuses dans le film.

Lire : les films italiens sur la mafia des années 1950 à nos jours.

LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE

Un char américain vient chercher Calogero Vizzini, dit Don Calò, l’emmène à Villalba. L’armée américaine le nomme maire de la ville et lui donne de nombreux pouvoirs, dont celui d’avoir ses hommes (picciotti) armés par les Etats-Unis.

L’ANECDOTE

Ayant écrit des ouvrages qui dénonçaient la mafia, la présence sur le tournage de Michele Pantaleone dans sa ville natale de Villalba a été source de tensions. Le scénariste a brisé l’omerta.

NOTE : 13/20

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