Synopsis
San Francisco années 1980, Jack Cates, un flic associal, est témoin de l’assassinat de deux de ses collègues par deux tueurs extrêmement dangereux dont l’un, Gans, évadé d’un camp de travaux forcés, a déjà assassiné deux de ses gardiens avec son complice. Les deux tueurs sont à la recherche d’un demi-million de dollars. Ils ont pris en otage la femme de l’un de leur complice qui a accès à la planque du pognon. Jack Cates a besoin de tuyaux de qualités. Il décide de sortir de prison Reggie Hammond qui a lui aussi des comptes à régler avec Gans. Pendant 48 heures Jack et Reggie malgré les dissensions vont mener de pair l’enquête…
CRITIQUE
Un des premiers « buddy movie cop » (définition du genre dans le lien) et dont le succès va lancer la recette pour bien des films dans les années 1980.
Eddie Murphy, 21 ans sorti du stand-up et du Saturday Night Live Show, tourne son premier film et surprend son monde avec son rythme et sa personnalité comique qui commence à faire des émules à Hollywood.
Le contraste entre les deux physiques (Nick Nolte avec sa carcasse énorme et débraillé, Eddie Murphy longiligne et sapé comme un milord) est une des recettes de la réussite du film.
Les grossièretés, les insultes et les allusions racistes fusent entre le flic blanc bougon et le malfrat sympathique noir. Ici aussi le film prend rendez-vous avec ce que sera le cinéma d’action des années 1980. Des tombereaux d’insultes et d’allusions racistes et sexuelles voire les deux mélangées vont être la matrice des dialogues de ces films.
L’affiche agressive l’un pointe le pistolet vers nous, l’autre fait un doigt d’honneur, montre l’Etat d’esprit irrévérencieux dans lequel Walter Hill a écrit et conçu ce film.
Les deux acteurs se renvoient parfaitement les répliques. Eddie Murphy n’en n’est pas encore à cannibaliser les films.
Les méchants sont tout à fait réussis. C’est gage d’un film policier efficace qui entraîne le spectateur dans la quête à l’élimination de ceux-ci.
Walter Hill est un bon faiseur de films d’action avec ses hauts et ses bas. Ici en on est plutôt dans le haut sans atteindre les sommets. Le fait que Roger Spottiswoode et Walter Hill aient travaillé le scénario est un gage d’efficacité. L’alternance des scènes de jours et de nuits marquent bien la promesse du titre du film. Nous ne sommes pas perdus dans l’espace temps du film. De même le fin dosage de l’humour et des scènes d’action permet au film de conserver un tempo trépidant et maintient le spectateur dans l’attention.
La musique de James Horner est elle aussi pleine de promesse avec le générique. Hélas elle se perd noyée dans les dialogues et l’action qui ne lui laissent guère d’espace pour s’exprimer.
Du bon spectacle.
LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE
Reggie Hammond déboule dans un bar de sudiste réacs et racistes en se faisant passer pour un flic. Rien que par son bagout il tient en respect toute une salle. démonstration de la puissance comique d’Eddie Murphy.
L’ANECDOTE
Walter Hill dit dans une inteview de 2022:
Larry Gordon a ramené Clint Eastwood dans nos filets, mais celui-ci a été très clair : il voulait interpréter le prisonnier, pas le policier, car il jouait déjà « L’inspecteur Harry » chez Warner. J’ai réécrit le scénario, mais Clint est parti sur « L’Évadé d’Alcatraz« , de Don Siegel, et il n’allait pas incarner deux fois un prisonnier dans un laps de temps si court.
J’ai repris le scénario en faisant du personnage du détenu un noir, c’est mon idée. Ce qui n’a pas vraiment excité le studio, je peux vous l’assurer, et donc je suis parti vers de nouvelles aventures…



