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Synopsis

Milieu des années 1970 Claire Després rompt avec son amant. Paris début des années 1980, Claire Després est architecte d’intérieur. Elle vit entre Paris et banlieue new yorkaise. En Amérique son fils unique Mike âgé de 8 ans l’attend. A Paris un soir, Claire se fait arracher son sac à main par un jeune homme qui ne voit pas sa carrière littéraire décoller. Claire appelle la secrétaire du Président de la République et demande à parler au chef de l’Etat. Claire lui explique que la lettre qu’il lui a envoyée, alors qu’il était à Tokyo quelques temps avant son élection, et dans laquelle il refusait d’être père d’un enfant l’incitant à avorter. Pour ne pas que cette lettre tombe dans de mauvaises mains, Castor (tel est le surnom du Président) demande à Pollux (ami et ministre de l’intérieur) de retrouver la lettre…

CRITIQUE

Film coscénarisé par la journaliste et femme politique Françoise Giroud d’après son propre roman. L’écrivaine dans son livre éponyme (et donc dans le film) fait allusion à la présidence de François Mitterrand élu en 1981 réélu en 1988. En effet ce dernier avait une double vie. Officielle avec sa femme Danielle, cachée avec sa maîtresse Anne Pingeot avec laquelle il a eu une fille, Mazarine. Ce n’est qu’en 1994 que la révélation de cette double vie devient publique. L’enfant Mike représentant Mazarine fille du couple.
Cependant Françoise Giroud (1916-2003) n’a jamais confirmé que l’inspiration de son roman puis du film venaient de ces faits.
Francis Girod (1944-2006) tourne le film dans des conditions confortables certains lieux du pouvoir de l’Etat français lui ayant été ouverts. Les ors de la République servent en partie d’écrin au film. Ce n’est pas négligeable.
La distribution est prestigieuse. Et on peut dire qu’il atteint avec ce film l’apogée de sa filmographie alors qu’il n’est qu’au premier tiers de sa carrière.
On y voit outre cette histoire d’enfant caché dont tout le monde en France (à quelques infimes exceptions) en ignorait la réalité, la perversité des relations d’amis qui deviennent collaborateurs et dont la paranoïa s’empare. Le Président de la République pense au prochain septennat (le mandat présidentiel devient quinquennal qu’à partir de l’an 2000) et voit des ennemis partout, surtout dans ses propres rangs. Le ministre de l’intérieur est par essence paranoïaque son travail de premier flic de France ne pouvant que rendre ceux qui tiennent le poste sans cesse aux aguets des problèmes sécuritaires vis-à-vis de l’Etat et de ses membres. C’est assez glaçant.
Déjà le système des écoutes pointe son nez dans le film. Près de 3 000 conversations concernant 150 personnes, dont 7 pour des raisons qui ont été jugées illégales, ont été enregistrées entre  et . Les écoutes, que les initiés appellent les « bretelles du président », ont cessé en 1986. Ce sera le scandale des écoutes téléphoniques qui éclate en 1993.

Le duo Jean-Louis Trintignant / Michel Serrault est formidable. Leur relation à la fois amicale et professionnelle est magnifiquement mise en scène.
Michel Auclair interprète avec brio un écrivain, journaliste et pamphlétaire qui fait furieusement penser à Jean-Edern Hallier (1936-1997). Même attirance pour le souffre, même « marginalisation » littéraire et journalistique, même goût du chantage. Jean-Edern Hallier fut un des « écoutés » de la présidence mitterrandienne. Il connaissait aussi la vie privée de François Mitterrand et l’existence de Mazarine.

La beauté de Catherine Deneuve irradie le film. Catherine Deneuve interprète une femme émancipée qui tient très bien devant deux monstres de l’interprétation du 7éme art. Son personnage de Claire connaît les deux hommes d’Etat; chacun lui tournant autour pour remettre la main sur la fameuse lettre de Tokyo. Son personnage parvient à se sortir de cet embrouillamini sans trop de dommages.rueducine.com-cesar
Ce ne sera pas le cas du petit malfrat en mal de littérature, interprété par Hippolyte Girardot, qui obtiendra le César du meilleur espoir masculin.

La musique de Georges Delerue qui utilise la flûte dans ses compositions comme peu savent le faire, fournit une mélodie à la fois mélancolique et romantique rappelant la relation amoureuse entre Claire et le Président quelques années auparavant.

LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE

Le chef des gendarmes chargés de la protection présidentielle est convoqué par le Président de la République. Le chat de son fils vient de s’échapper dans les jardins du château. Il faut le retrouver et le récupérer. Splendeur et misère des hommes attachés à la sécurité du Président.

L’ANECDOTE

Quand le film sort en 1984 personne  du grand public ni des critiques cinématographiques de l’époque ne voit rien du sous texte du film. Le film est vu comme une fable plutôt bien troussée.

NOTE : 16/20

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