AFFAIRE DE DÉTAILS (UNE)
- Denzel Washington, Jared Leto, Natalie Morales, Rami Malek
- John Lee Hancock
- Policier
- 2021
- The little things
- USA
- John Lee Hancock
- Thomas Newman
Synopsis
Une nuit de 1990, une adolescente roule sur une route déserte, suivie par un automobiliste. Une poursuite terrifiante à pied commence. Elle parvient à attirer l’attention d’un chauffeur de camion de passage et échappe à son harceleur. Quelques temps plus tard, à Bakersfield, le shérif adjoint du comté de Kern, Joe « Deke » Deacon, est envoyé au département du shérif du comté de Los Angeles pour recueillir des preuves concernant un meurtre récent. Ancien détective du L.A.S.D., Deacon accompagne le détective principal, Jimmy Baxter, sur les lieux d’un nouveau meurtre à Los Angeles. Deacon remarque que le tueur a sûrement contemplé sa victime depuis un immeuble désaffecté face aux lieux du crime. Des similitudes entre le mode opératoire de ce meurtre et celui d’une ancienne affaire de tueurs en série qu’il n’avait pas pu résoudre, apparaissent. Cette nuit-là, une femme nommée Ronda Rathbun est suivie par une voiture alors qu’elle fait son jogging. Elle est portée disparue le lendemain matin…
CRITIQUE
John Lee Hancock a écrit deux films réalisés par Clint Eastwood « Un monde parfait » (« A perfect world« ) (1993) « Minuit dans le jardin du bien et du mal » (« Midnight in the garden of Good and Evil« ) (1997). En 2007 il a écrit et réalisé « The blind side » en 2016, il tourne « Le fondateur » sur un scénario de Robert Siegel.
Pour « Une affaire de détails » il prend les trois casquettes : scénariste, réalisateur et producteur.
Il écrit un polar dont l’enquête mine psychologiquement deux flics l’un jeune, qui se heurte à un tueur en série insaisissable, l’autre qui s’immisce dans l’enquête mais avec un lourd passé professionnel.
Ce n’est pas un chef d’œuvre. Ce n’est pas un grand film. Mais dans une production américaine en crise qualitative, ce film prend soudain une importance. On peut lui reprocher un dernier quart d’heure trop proche de la fin de « Seven » (1995) de David Fincher, dans son déroulement. Cependant par un plan aérien qui s’élargit peu à peu, où l’on voit un nombre considérable de trous dans le sol du désert, le réalisateur nous fait comprendre que Jimmy Baxter a passé la nuit à chercher un éventuel cadavre et c’est une belle idée de cinéma.
John Lee hancock fait un joli travail sur la lumière et les couleurs de son film. Des jaunes et des verts, mais pas francs, montrent le délitement psychologique des personnages et les bleus métalliques les noirs et gris soulignent l’âpreté d’une enquête sans assassin.
Si Jared Leto est par moment too much dans son jeu, Rami Malek, avec son physique étrange et un jeu intériorisé, apporte à son personnage les stigmates d’une enquête lourde à porter.
Denzel Washington fait du Denzel Washington à la fois malin et obstiné, marqué par ses échecs mais aussi avec un instinct de survie (la mise en place d’un monte-le-coup) qui prend le dessus dans les moments critiques. Comme souvent, il est irréprochable.
Le film est servi par une très bonne musique de Thomas Newman, qui (fait rare en ces années 2020) accompagne avec parcimonie et intelligence les images. La musique n’envahit pas tout le film et les morceaux utilisés ont une signification. La plupart sont faits à base d’effets sonores électroniques. Parfois un riff de piano passe au premier plan. Ce sont souvent des samples qui passent en boucle comme les images des femmes assassinées, ressassées mentalement par Joe Deacon.
LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE
L’ultime révélation finale sur la provenance de la barrette rouge envoyée à Jimmy Baxter, un twist inventif qui fait basculer le spectateur dans le doute absolu.
L’ANECDOTE
Ce film a été écrit ce film alors qu’il travaillait sur le scénario du film de Clint Eastwood « Un monde parfait » (1993).



