Synopsis

Nevada dans les années 1880, Gil Carter est un peu amer. Sa promise l’a quitté. Il se rend au saloon avec un ami pour oublier ça. Et s’il pouvait déclencher une bagarre cela lui faciliterait la vie. Quand arrive au triple galop un cowboy qui annonce que Larry Kinkaid a été tué d’une balle dans la tête par trois voleurs de bétail. Aussitôt c’est le branle-bas: une milice est constituée pour rattraper les assassins et les pendre immédiatement. Un vieil homme et le juge se dressent contre cette idée funeste et leur demande de reprendre leurs esprits. Mais bien au contraire les esprits s’échauffent. L’absence du shérif profite aux exaltés. Le second du shérif en tête, qui, contre la loi assermente tout ce petit monde. A la tête de la milice s’autodésigne un retraité de l’armée sudiste le major Tetley au passé louche. Gil Carter essaie, lui aussi, de rendre raison à tous ces fanatiques du lynchage, mais dépassé il finit par suivre la troupe et se lancer dans la poursuite. Le soir même, les trois hommes sont rattrapés…

CRITIQUE

Ce western a été un échec à sa sortie. Allez comprendre pourquoi!
En fait si, je sais : les américains détestent que l’on montre leur travers. Et que les Etats-Unis est un pays qui est né par la violence.

William A. Wellman avec son scénariste Lamar Trotti ont décidé de flinguer le mythe du western où dans le canon du genre, la loi est le fait de héros qui rétablissent le bon droit pour les citoyens. Dans ce film ce sont les citoyens qui apparaissent en majorité comme des rustres assoiffés de vengeance immédiate et de justice expéditive.

Le portrait des américains d’alors n’est pas flatteur.
En revanche dire comme quelques critiques que le réalisateur dénonce un crime raciste c’est pousser le bouchon un peu loin. Effectivement il y a bien un mexicain sur lequel les soupçons se focalisent mais c’eût été un crime raciste si le lynchage n’eût concerné que celui-ci.

Le film fait plutôt référence à la bible et au chemin de croix du Christ. La description de cette chasse à l’homme réglée en moins de 24 heures et en 1h17 de film est tout à fait impressionnante de justesse.

Le réalisateur dissèque le mouvement de foule et son émulation qui amène au meurtre de trois innocents. Cependant le film souffre de sa production plutôt misérable. Alors que tous les pourchassés et la milice sont sensés être en extérieur les sons (dialogues et coups de feu) proviennent clairement d’une prise en studio.

La grande prouesse de ce western est l’absence de mort par arme à feu.
C’est peut-être aussi une des raisons de la frustration des spectateurs américains à la vision du film.
Autre frustration Henry Fonda n’est pas un héros positif. Il suit le mouvement et ses tentatives pour assurer une justice aux trois prisonniers sont bien timides.
Dana Andrews est magnifique en cowboy dont la défense limitée ne lui permet pas de sauver sa peau.
Nous sommes dans le western noir. Comme il y a des films noirs.

LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE

La discussion devant le saloon qui semble basculer vers la raison par une tournée générale, repart brutalement vers la chasse à l’homme et le lynchage après qu’un témoin ait dit avoir vu les trois hommes avec le bétail marqué aux fers de Larry Kinkaid.

L’ANECDOTE

William A. Wellman a pu réaliser son premier western grâce à Darryl F. Zanuck qui le finança pour le prestige du studio plus que pour les recettes. Le producteur était persuadé qu’il ne gagnerait pas d’argent avec un tel film. Dont acte.

NOTE : 15/20

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