1 votes 3

Synopsis

Greenwich Village un été dans les années 1950, L.B. « Jeff » Jeffries un photographe de presse, grand reporter, se remet d’une fracture de la jambe dans son appartement. Il a la jambe dans le plâtre et se meut en fauteuil roulant. Par ces chaudes températures tout le monde vit les fenêtres ouvertes. Jeff passe son temps à sa fenêtre à regarder la vie de ses voisins.  Il reçoit la viste quotidienne d’une infirmière qui lui fait la conversation. Le soir il reçoit Lisa Carol Fremont, sa fiancée qui travaille dans la mode. Il aime la vie rustique, elle aime la vie mondaine. Elle lui reproche son voyeurisme. Un soir Jeff assiste à une scène étrange chez un couple de son voisinage. Mais la disparition de la femme et des va-et-vient du voisin avec des valises par temps de pluie attise le sentiment qu’un meurtre a bien eu lieu en face de chez lui…

CRITIQUE

Film très intéressant sur la forme mais moins sur le fond.
En effet Alfred Hitchcock utilise le plus grand décor de la Paramount jamais construit pour aménager une cour intérieur à plusieurs niveaux, un système d’éclairage qui permet d’imiter la lumière du matin, de l’après midi, du soir et de la nuit. Et la mise en place subtile d’une caméra subjective par la mise en scène. Il fait ainsi du spectateur comme de son personnage principal un voyeur. Hitchcock fait du spectateur un nouveau « voisin d’en face » et par ce tour de force rend l’identification au héros du film, inévitable.
L’importance des sons (musique diégétique) et des bruits est prépondérante dans le film. Quelques morceaux diégétiques de chansons diffusés par des radios ou des tourne-disques mais aussi piano (joué par un voisin) animent la cour intérieur et le film.
Les sons aiguisent le suspens ainsi que l’attention du protagoniste qui ne peut se contenter des images qu’il voit, et parfois même qu’il n’a pas vu. (Cela renverra 10 ans plus tard au film muet d’Abraham Zapruder sur l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy à Dallas le 22 novembre 1963 qui démontrera malgré lui que l’image sans le son est insuffisante pour la compréhension de faits vus par des personnes).
Voici pour la forme.


Le film n’est pas totalement réussi sur le plan du suspens. Il met beaucoup de temps à installer les personnages principaux et annexes. L’intrigue débute tardivement.
Alfred Hitchcock ne désigne qu’un supposé coupable, et le doute n’interpelle pas vraiment le spectateur.
Ne nous proposant pas de solutions alternatives plasibles (un autre coupable ou une disparition durablement expliquée de la femme). D’autant qu’il donne des informations à ce dernier que n’a pas son héros. Et le spectateur a donc une longueur d’avance sur le reporter et sa fiancée. Il est déjà convaincu du meurtre.
Les deux interventions du détective de la police dont le but est de semer le doute dans l’esprit du héros et du spectateur, n’ébranlent pas suffisamment les certitudes mises en places auparavant par le scénario.

James Stewart devra attendre « Sueurs froides » (« Vertigo« ) (1958) et l’inoubliable rôle de John « Scottie » Ferguson tout aussi voyeur mais tellement plus ambigu. Le « Jeff » de « Fenêtre sur cour » semble en être une esquisse.
Cependant Hitchcock joue habilement du background de James Stewart en tant qu’éternel cowboy. Il en fait un reporter baroudeur à la vie aussi dure que celle des pionniers américains. C’est très malin d’autant plus que James Stewart apparaît beaucoup en pyjama.
Grace Kelly, fantasme vivant d’Alfred Hitchcock, se pare de costumes tous plus remarquables les uns que les autres. Mais là encore Kim Novak la supplantera dans l’édification du fantasme de la blonde et de la femme inaccessible dans « Sueurs froides« . Le travail de contraste entre James Stewart le rugueux et Grace Kelly la sophistiquée est une totale réussite pour les raisons développées plus haut.

La musique de Franz Waxman est tout à fait anecdotique. Elle concerne uniquement les deux génériques.
Mais rien pendant le déroulement de l’intrigue. Sûrement pour privilégier la place à la sonorisation du film.

LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE

Jeff et Lisa discutent sur leur mode de vie. Et s’aperçoivent que l’un et l’autre sont très éloignés sur leurs attentes de vie future. Le couple se sépare, on ne sait pas si nous ne venons pas d’assister à une rupture. Belle scène sur le couple.

L’ANECDOTE

Le décor comptait 31 appartements, dont 12 étaient entièrement meublés et habitables. Du jamais vu pour un tournage en studio.

NOTE : 12/20

 

Video & Photo

1 videos 15 photos

Write a comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *