Synopsis
Lillian dans une petite barque, pêche et se souvient de sa meilleure amie, Julia. La jeune Lilly et son amie Julia passent des vacances chez les riches grands-parents de cette dernière, aux États-Unis, et entretiennent une profonde amitié qui se prolonge de l’enfance jusqu’à la fin de l’adolescence. Quelques années plus tard, Julia étudie la médecine à l’université d’Oxford puis à l’université de Vienne. Elle se forme auprès de personnalités telles que Sigmund Freud. Elle lit Marx et Engels ainsi que Darwin. Lillian, écrivain, peaufine sa pièce de théâtre « La rumeur » avec son mentor et amant, le célèbre auteur Dashiell Hammett, dans une maison de plage de la côte Est des Etats-Unis. Lillian voyage à Paris. Elle apprend qu’à Vienne des troubles dus à la montée du nazisme ont lieu à l’université. Elle se précipite dans la capitale autrichienne…
CRITIQUE
A l’écoute de la musique de Georges Delerue qui ouvre le film, le spectateur comprend que ce sera un drame qui va se dérouler devant lui. Effectivement cette histoire d’amitié entre deux enfants puis deux jeunes femmes et enfin deux adultes séparées par l’Atlantique mais dont les liens ont toujours été forts sera émaillée de drames.
L’histoire est tirée du chapitre « Julia » des mémoires de Lillian Hellman intitulés « Pentimento ». Mémoires assurément romancées en grande partie d’après les spécialistes de l’œuvre de l’autrice. Julia serait le mélange de deux ou plusieurs femmes connues de Lillian Hellman.
Outre la musique de Georges Delerue qui relève le film, la photographie délicate de Douglas Slocombe à qui l’on doit celle de « Gatsby le magnifique » (« The great Gatsby« ) (1974) de Jack Clayton, offre un bel écrin de couleurs et de contrastes.
Les faiblesses du film tiennent d’abord à son montage, qui nous envoie dans des flashbacks mal déterminés temporellement et fait sortir le spectateur du film. Des problèmes de temporalité empêchent l’immersion. Fred Zinnemann auteur de l’anti Maccarthyste « Le train sifflera trois fois » (« High noon« ) (1952) et de l’antimilitariste « Tant qu’il y aura des hommes » (« From here to eternity« ) (1953) tourne avec classicisme « Julia« . Mais ce classicisme ne se marie pas bien avec cette tentative d’audace dans le montage.
Ensuite, des longueurs affectent des passages privés de tout suspense, comme le passage à la douane entre la France et l’Allemagne, puis le séjour en Russie. Fred Zinnemann cherche à obtenir le même effet que dans le chapitre de Pentimento, mais n’y parvient pas.
Il échoue à nous faire comprendre l’amitié entre Julia et Lillian. On voit une fascination de Lillian pour l’intrépidité physique et intellectuelle de Julia, mais on ne sent pas de réciprocité de la part de Julia.
Fred Zinnemann ne parvient pas non plus à donner une dimension politique et héroïque à Julia. On comprend clairement qu’elle appartient à un réseau allemand de résistance au nazisme avant la guerre, malheureusement pour l’intérêt du film et du personnage de Julia, on ne sait pas comment elle résiste à l’hitlerisme, et nous n’avons pas la dimension héroïque des actes de l’amie de Lillian. C’est frustrant.
La scène de l’ultime rencontre entre Julia et Lillian dans un café de Berlin qui aurait dû être le sommet émotionnel du film (entre nostalgie, amitié-amour et tension) ne décolle pas.
Le film reste un album d’instants de vie que l’on regarde comme de (belles) photos. Mais c’est glacé et plat.
C’est un rendez-vous manqué pour deux immenses actrices qui ont su dans d’autres œuvres donner plus d’intensité et plus de chaleur à leurs personnages. Peut-être aussi une carence dans la direction des actrices de la part de Zinnemann.
Cela n’empêchera pas les deux actrices de recevoir des prix :
Oscar pour Vanessa Redgrave pour le meilleur second rôle féminin.
BAFTA, Golden Globe et David di Donatello pour Jane Fonda en tant que meilleure actrice dans un rôle principal.
LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE
Prélude du film, après la superbe musique de Georges Delerue, Fred Zinnemann fait une surimpression magnifique de l’image de la mer et de la maison dans laquelle écrit Lillian. Avec accompagnement nostalgique d’une voix off. On se dit que l’on va entrer dans un chef-d’œuvre…
L’ANECDOTE
Meryl Streep et l’acteur français Lambert Wilson y font leurs premiers pas au cinéma. Elle interprète une relation du monde littéraire new-yorkais de Lillian. Il interprète un jeune employé des chemins de fer français.



