Synopsis
Paul Javal écrivain français est appelé sur le tournage d’un film pour en remanier le scénario. Il s’agit d’un film sur l’Odyssée produit par un américain Jerry Prokosch et tourné par le réalisateur Fritz Lang. Paul Javal a amené avec lui sa femme Camille à Rome. Jerry Prokosch tente de séduire Camille et Paul semble consentant…
CRITIQUE
Qui méprise qui?
Camille méprise Paul?
Paul méprise Jerry?
Jean-Luc méprise le spectateur?
Il est possible qu’en 1963 (5 ans avant 1968) le film ait fait sensation. Il faut dire que Le Franscope et le Technicolor s’attardent à maintes reprises sur les fesses de B.B. Aujourd’hui (2025) ce genre d’images ne provoque plus grand chose.
Problèmes : si le cul de Bardot n’émeut plus les foules, le spectateur peut se reposer sur le scénario et sur les interprétations.
Or le scénario ultraminimaliste se résume à des dialogues entre un couple, filmés de façon maniérée.
Jean-Luc Godard ne filme pas Cinecittà mais les abords miteux de Cinecittà, il installe son couple dans un appartement inachevé. Il nous emmeène dans une salle de cinéma où l’on ne voit pas de film, puis nous transporte dans la villa Malaparte à la peinture décatie, et le tout finit dans un accident automobile très stylisé, très symétrique et très improbable.

Brigitte Bardot est mauvaise actrice et le sera jusqu’à ce qu’elle cesse de tourner, Jack Palance est meilleur acteur mais il est très mal dirigé, Michel Piccoli qui a du métier s’en sort le mieux possible.
Et Fritz Lang le dinosaure, que venait-il faire dans cette galère? Remercier le bébé Jean-Luc Godard pour tout le bien qu’il pense de lui.
Tout cela pour nous dire que l’argent corrompt le cinéma comme la vie.
Merci monsieur Godard pour la leçon de vie.
Heureusement Georges Delerue écrit (pour la version française du film), une musique sublime qui sera éternelle. Dommage que le réalisateur n’ait utilisé que 2 thèmes.
La version italienne se contentera d’une musique de Piero Piccioni qui n’utilise pas du tout les mêmes ressorts musicaux. Là où Georges Delerue est lyrique, Piero Piccioni est jazzy easy listening.
LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE
Dans un cinéma un spectacle chanté (une chanteuse entonne 24000 baci et des couples dansent autour) est interrompu par les dialogues ainsi que par les flashs d’un photographe entre Paul et Camille au premier rang . Mise en scène étrange tout à fait irréaliste et vaine. Les moyens mis en place ne servent pas la scène. Bien au contraire!
L’ANECDOTE
Carlo Ponti coproducteur du film avec Georges de Beauregard qui dans un premier temps voulait Frank Sinatra/Kim Novak puis Marcello Mastroianni/Sophia Loren se range au choix de Georges de Beauregard pour Michel Piccoli/Brigitte Bardot. Mais il demande à ce que des scènes sur la nudité de l’actrice parsèment le film. Ce qui sera fait.


