PALERME-MILAN, ALLER SIMPLE
- Francesco Benigno, Giancarlo Giannini, Raoul Bova, Ricky Memphis, Romina Mondello, Rosalinda Celentano, Stefania Sandrelli, Tony Sperandeo, Valerio Mastandrea
- Claudio Fragasso
- Drame, Mafia, Policier
- 1995
- Palermo Milano - Solo andata
- Italie
- Claudio Fragasso, Rossella Drudi
- Pino Donaggio
Synopsis
Milan années 1990, Marinnà, un repenti, livre au juge milanais Laurenti, le nom d’un homme qui connaît à la perfection les arcanes de la mafia sicilienne. Il s’agit de Turi Arcangelo Leofonte. C’est le comptable de Cosa Nostra qui connaît le capo Scalia arrêté et dont le procès est en cours. Le juge demande à entendre le comptable. Il faut le transférer de Palerme à Milan. Pour cela des jeunes policiers de diverses brigades sont convoqués. Ils sont placés sous les ordres du commissaire Nino Di Venanzio. Une partie de l’équipe va chercher la famille Leofonte à son domicile, l’autre partie va chercher la fille Chiara qui est à une fête…
CRITIQUE
Claudio Fragasso n’est pas le réalisateur le plus célèbre d’Italie. Loin s’en faut. C’est un faiseur de films d’exploitation souvent sous pseudonyme. Il tourne pour des budgets serrés des films sans grande envergure et destinés à une exploitation rapide voire destinée aux video clubs puis le direct-to-vidéo.
Les scénarios sont souvent bâclés au profit des effets de réalisation.
C’est hélas le cas pour ce film dont le scénario laisse parfois perplexe. Il manque de crédibilité.
Le premier manque de crédibilité étant que jamais la mafia n’a intercepté le moindre convoi de témoin ou repenti. Trop risqué. Après l’arrestation du parrain Toto Riina, des plans d’interception à la roquette de convois avait été évoqués au sein de la mafia. Mais sans mise en oeuvre.
Fragasso donne à la mafia des pouvoirs d’intervention et d’improvisation qui engage une logistique qu’elle n’a pas. Si la première embuscade semble crédible toutes les autres ne le sont guère.
Il manque aussi la résolution de savoir qui est la taupe milanaise qui informe la mafia de l’avancée de l’escorte sur le trajet entre Palerme et Milan.
Fragasso n’est pas très bon en tant que dialoguiste. Or il y en a beaucoup notamment dans les voitures entre les flics ou entre les flics et les prévenus. Mais toutes ces scènes sont laborieuses.
Il se rattrappe (en partie) sur les scènes d’action. Certes elles sont mal amenées et peu crédibles dans leurs conceptions. Le comble étant une fusillade dans un restaurant où se célèbre un mariage. C’est du grand n’importe quoi.
Je ne parle pas du mafieu qui marche avec des bottes et un éperon. Sûrement pour qu’on le repère à son approche. Ce qui ne manque pas.
Bref la bêtise l’emporte souvent sur un savoir faire discutable. La grandiloquente arrivée de l’escorte au palais de justice de Milan pose le dernier clou sur le cercueil.
Pino Donaggio ne fait pas dans la dentelle mais soutient le film de son mieux.
LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE
L’attaque du convoi sur une place d’une ville. C’est soudain, efficace au début, puis un poil trop long, avec un ralenti désastreux et au final l’anéantissement de l’ensemble du commando mafieux nuit à la crédibilité du récit. Si les mafieux tombent sur un os, ils ne s’attardent pas!
L’ANECDOTE
Le film reçoit le Donatello de la meilleure production.
Le cinéma italien est en pleine crise quasi mortifère. Et cela se ressent dans les prix décernés.
