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Synopsis

Dans une petite ville de Normandie dans les années 1980, au lendemain de sa fête d’anniversaire qui a réuni tout le gratin de la région, Delphine Morasseau disparaît.  Louis Cuno, un jeune postier et sa mère handicapée sont les victimes de pressions de la part de trois personnages pour vendre leur maison. Mais ils s’y refusent. Anna Foscarie amie de Delphine Morasseau cherche à savoir où se trouve Delphine Morasseau. Louis Cuno observe la nuit les trois hommes qui le malmènent lui et sa mère. Et le jour il lit le courrier de ses trois personnages cherchant une faille. Louis Cuno est facteur. Henriette qui travaille à la poste drague Louis. Gérard Filiol, un des trois hommes qui ennuient les Cuno, meurt dans un accident de voiture. Mais très vite on sait que du sucre a été mis dans le réservoir de la voiture. L’inspecteur Lavardin arrive en ville…

CRITIQUE

Ce film policier de Claude Chabrol est surprenant par le ton.
Tout d’abord l’inspecteur met quasiment trois quarts d’heure avant d’apparaître à l’écran. Et ne se comporte sûrement pas comme un flic.
Méchant avec les méchants, pas très gentil avec les gentils, il outrepasse sans vergogne toutes les procédures, exerce des brutalités policières et pose les questions d’une voix doucereuse.

Jean Poiret est l’interprète idéal de ce flic et régale le spectateur lorsqu’il enfreint toutes les lois qu’il est censé défendre ou appliquer. Il harcèle, il torture, il méprise. Malgré cela, le spectateur reste de son côté. Un plaisir transgressif donc.

Mais au-delà de la performance de Jean Poiret, et du jeu de massacre des petits notables provinciaux, dont Claude Chabrol s’est fait une spécialité notamment dans sa période pompidolienne : « La femme infidèle » (1969), « Juste avant la nuit » (1971), « Les noces rouges » (1973), l’histoire policière en elle-même est décevante.
Pour qui fréquente le genre policier au cinéma, la disparition du corps est assez vite résolue par le spectateur avant l’inspecteur. Déception aussi à propos de l’intérêt immobilier que portent les trois méchants personnages. On ne saura pas ce qu’ils comptaient faire de ce terrain.

Et la distribution est bien trop élevée pour ce qu’on lui demande de faire. Michel Bouquet et Jean Topart parviennent juste à nous faire regretter que leurs rôles ne soient pas plus étoffés.

L’amourette entre les personnages de Lucas Belvaux et Pauline Lafont n’apporte rien au récit. Lucas Belvaux est rarement juste et parfaitement terne. Quant à Pauline Lafont elle mettrait le feu à un glaçon! A croire que les deux scénaristes ont voulu démontrer l’axiome des contraires qui s’attirent.
Stéphane Audran, muse de Claude Chabrol, tient le rôle le plus intrigant et son talent de comédienne est réellement utilisé.

Dominique Roulet (1949-1999) est romancier et coscénariste du film. Il est à l’origine de la création de ce policier étrange en publiant « Les dossiers de l’inspecteur Lavardin » en 1988. C’est son deuxième scénario. Il travaillera sur onze films, dont dix films policiers.

Chabrol semble avoir travaillé sa mise en scène en charentaise et sur la digestion de repas roboratifs. Tout est un peu plan plan. Et n’attendez pas de la part du réalisateur la moindre intention de mettre en valeur le bocage normand. C’est gris et bien triste la Normandie vue par Claude Chabrol.

La musique de son fils Matthieu ne rend pas non plus les images plus sexys et le récit plus palpitant. Ce n’est ni mélodique ni atonal. C’est une musique étrange que l’on ne peut qu’oublier, le générique de fin achevé.

 

 

Ce film est recensé dans la page : LE FILM POLICIER ET LE THRILLER FRANÇAIS DE 1945 à nos jours.

LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE

L’interrogatoire musclé du notaire par l’inspecteur Lavardin à l’aube. Torture de la noyade au menu. Mais la victime est bien placide pendant qu’elle subit.

L’ANECDOTE

Le film connaît un succès populaire. Une autre enquête de l’inspecteur Lavardin sera mise en boîte l’année suivante.

NOTE : 11/20

Video & Photo

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