Synopsis

Megève année 1968, une jeune fille est assassinée alors qu’elle faisait de la luge et s’est éloignée de sa nounou. Venise année 1972, Franco Serpieri est un sculpteur, il a une petite fille Roberta dont la mère Elizabeth vit à Londres. Le couple est en train de se déliter. Alors que Roberta évolue dans la ville, elle est suivie par une vieille femme en tenue de deuil et avec une voilette sur le visage. Franco Serpieri a un mécène à Venise monsieur Serafian qui organise une exposition des œuvres de son poulain à Beyrouth. Alors que Franco retrouve une maîtresse et que sa fille joue en bas de l’immeuble, Roberta disparaît. On la retrouve deux jours plus tard flottant dans le canal…

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CRITIQUE

Magnifique giallo. Un des meilleurs que j’ai pu voir si ce n’est le meilleur.

Dans une Venise inquiétante, prise dans les brumes et les clair-obscurs des aurores et des crépuscules, dans certains décors post industriels de hangars désaffectés, une Venise envahie par les eaux des grandes marées, aux rues étroites et aux places coincées par des immeubles aux murs délabrés, cette enquête sur le meurtre d’une gamine est saisissante.

Aldo Lado n’a pas peur d’affronter un possible rejet du public ou de la presse d’assister à des meurtres d’enfants.

Aldo Lado donne au giallo ses lettres de noblesse et n’omet rien de ce qui le caractérise:

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Un meurtrier filmé le plus souvent en caméra subjective, de noir vêtu et qui assassine plutôt à l’arme blanche des victimes terrorisées et impuissantes face à la détermination meurtrière.
Quelques scènes de nu et des personnages louches qui gravitent autour de l’enquête menée par un amateur (ici le père de la fille) alors que la police est impuissante.

Aldo Lado a le sens de l’image aiguisé comme si c’était un peintre. La photographie de Franco di Giacomo est exceptionnelle.

Quant à l’interprétation internationale elle est de haute tenue de la part du trio vedette. Ce n’est pas tout le temps le cas, les vedettes internationales abusant parfois un peu trop du cinéma italien pour pallier leur manque de rôle dans leur propre pays et profitant du système du doublage complet du film après tournage pour ne pas trop en faire.

Enfin la musique de Ennio Morricone elle est à la fois surprenante, inattendue dans le genre du giallo mais avant tout elle ravit nos oreilles de toute sa splendeur.
Les chœurs d’enfants « Voci bianche » sont vraiment une merveille à écouter. Et  pourtant les  mélodies  sont  d’une  complexité impressionnante dans  leur  composition.  Il  y a du  y avoir des  pleurs  chez  les  gamins…

 

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LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE

Le couple retrouvé Elizabeth et Franco après la mort de leur fille est allongé dans le lit côte à côte. Gros plan des deux visages, sur celui d’Elizabeth une larme figée. Magnifique image.

L’ANECDOTE

Aldo Lado a fait appel à Ennio Morricone pour plusieurs de ses œuvres parmi les plus importantes: « La cosa buffa« , « Sepolta viva« , « La désobéissance » et « Le dernier train de la nuit« .

NOTE : 16/20

Video & Photo

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