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Synopsis

Trani, milieu des années 1970, la femme du commissaire Jacovella est menacée par les hommes de main du chef mafieux, Dante Ragusa, de la mafia locale, si elle témoignait dans le procès du frère du chef mafieux, Pasquale Ragusa. Le procès s’achève par un acquittement. Le commissaire s’en prend aux journalistes qui font passer les policiers pour des « tueurs ». Il faut dire que bien que le commissaire soit honnête et droit, ses méthodes ne sont guère orthodoxes et assez violentes. Peu après, dans la ville, une attaque d’un fourgon blindé par trois hommes tourne mal. Un des trois hommes, le plus jeune et inexpérimenté, tue un policier. Pour s’enfuir il vole une voiture à un homme. Pas de chance c’est la voiture de Pasquale Ragusa…

CRITIQUE 

Poliziottesco, qui vaut pour son cadre : la petite ville provinciale de Trani, à 40 km de Bari, dans les Pouilles. Ce film ne figure pas dans les sommets du filone (genre en italien), cependant il est dans le haut du panier des productions moyennes. Les américains John Saxon (le commissaire) et Lee J. Cobb (le chef mafieux) trustent les premiers rôles.

Bien entendu il n’est jamais fait mention d’un quelconque Magnum calibre 44 dans le film, mais comme les distributeurs français de l’époque n’étaient pas très regardants et sans complexe, alors autant être putassier et racoleur en faisant allusion au film « Magnum force » (1973) de Ted Post avec Clint Eastwood.

Les passages obligés du genre sont présents : Un générique qui présente la ville où va se situer l’action, des courses-poursuites spectaculaires en voiture, de la violence avec des victimes innocentes, des flics impuissants face aux gros poissons du gangstérisme et une justice supposée laxiste, et une musique efficace. Ingrédient supplémentaire : le rôle de la presse et son pouvoir sur la société.

Le scénario en lui-même est basé sur un canevas connu pour ce genre, avec deux originalités. La première venant du fait qu’une petite bande de truand met, sans le vouloir, un grain de sable dans la machine mafieuse. La seconde est le rôle important du journal régional « Il Meridionale » journal authentique qui a prêté ses locaux pour le tournage.

Stelvio Massi (1929-2004) fait montre d’un certain savoir-faire. Point de génie dans sa réalisation, mais un côté efficace. Et pour ce film, une réflexion sur les liens entre la police, les médias (ici les journaux) et l’opinion publique. Jusqu’où peut aller la police, avant que les médias s’en émeuvent. Jusqu’à quel point les journaux peuvent divulguer des informations, sans nuire aux enquêtes… Par un accord précaire entre policier et journaliste, l’affaire est finalement résolue.

Côté interprétation, John Saxon est plutôt convaincant en flic impuissant et surveillé par la presse, qui utilise une force illégitime pour parvenir à ses fins.
Lee J. Cobb dans son ultime rôle au cinéma, il décède deux mois avant la sortie du film, est bien moins convainquant en chef mafieux vieux et aveugle.

Et la nouveauté pour le genre est l’introduction à la partition musicale de Piero Pintucci. Ce compositeur et pianiste s’est surtout illustré dans la chanson italienne. Il a dirigé plusieurs fois l’orchestre du festival de la chanson de San Remo. Le générique du film est une chanson (plutôt belle) « Amare senza mai pensare » chantée par Nives.

 

LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE

L’attaque du fourgon blindé, par un trio de truands dont un débutant. Bien filmée et bien montée. Efficace et avec une bonne tension. Le poliziottesco dans son efficacité optimale.

L’ANECDOTE

Stelvio Massi a commencé comme chef opérateur en 1963, dans l’industrie transalpine du cinéma. Cela a duré une petite dizaine d’années, durant laquelle il a travaillé pour des petits maîtres qui faisaient du western à l’italienne.
Puis en 1974 il devient réalisateur pour un giallo médiocre « 5 femmes pour l’assassin » (« 5 donne per l’assassino« ) à ne pas confondre avec un autre giallo « Six femmes pour l’assassin » (« Sei donne per l’assassino« ) (1964) de Mario Bava de bien meilleure facture.
Puis très vite il plonge dans le filone poliziottesco : « Brigade volante » (« Squadra volante« ) (1974), et 14 autres vont suivre jusqu’à « Un flic rebelle » (« Poliziotto solitudine e rabbia« ) (1980).
Il devient un incontournable du genre en faisant toujours des films plaisants mais qui jamais ne transcende le filone.
Il est un des grands pourvoyeurs de rôles pour Maurizio Merli (six films poliziotteschi de 1977 à 1979) qui incarne des flics politiquement bien à droite.

Cette période est marquée par les années de plomb qui ont commencé en 1969 et qui font des ravages par la durée, l’intensité et l’aspect protéiforme de la violence : attentats politiques d’extrême droite et d’extrême gauche, manifestations violentes, grand banditisme et violence aveugle, mafia, trafics de drogue ou humains, petite délinquance, viols, enlèvement contre rançon. Celles-ci sèment un sentiment d’insécurité croissant pour le peuple italien qui est entrain de se détourner du cinéma pour rester calfeutré chez soi à regarder la télévision tout en se dépolitisant.

NOTE : 13/20

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