Synopsis
Virginie, Erik et Aristide sont des policiers qui travaillent dans un commissariat du XXème arrondissement. Chacun a une vie personnelle compliquée, et sont amenés à cotoyer le pire de la société : Femmes battues, infanticides et autres joyeusetés. Ils se portent volontaire pour ramener à Roissy un détenu étranger ayant obligation de quitter le territoire français (OQTF). Les doutes sur la légitimité de cette mission commencent à s’installer dans les mentalités du trio…
CRITIQUE
Je ne veux pas être vexant mais j’ai eu l’impression de regarder un long épisode de ces séries de prime time sur les grandes chaines de télévision genre « Un si grand soleil ». En un peu mieux éclairé et un peu mieux mis en scène.
Anne Fontaine exploite la veine sociale du genre policier. Au détriment du spectacle. Elle détourne donc le genre mais pas de façon très heureuse.
L’ennui investit le spectateur très vite, le film commençant par une vaste boucle de présentation des personnages et d’une même scène par deux ou trois points de vue différents. Autant dire que le film ne démarre vraiment qu’au bout de 20-25 minutes et qu’il ne s’achève pas vraiment, la fin restant libre d’interprétation, comme fantasmée par les protagonistes, ou bien réelle. Rien ne permet de priviliégier l’une ou l’autre.
Anne Fontaine passe à côté des deux sujets qu’elle aurait pu traiter : La vie familiale difficile lorsque l’on est policier (horaires à rallonge, confrontation avec le pire de l’humanité, et difficultés à laisser son métier en dehors du foyer) et (ou) la légitimité de renvoyer à dans leur pays des étrangers dont le retour risque d’être dangereux pour leur vie. Et donc un film politique.
Anne Fontaine ne choisit pas et s’empêtre dans un scénario au final convenu et sans véritable suspens.
Les acteurs font ce qu’ils peuvent pour donner du relief au récit. Mais les efforts sont vains.
Pas de musique ou très peu : 2 ou 3 chansons entendues à la radio et une sonate pour violon et clavier de Johann Sebastian Bach qui se déclenche par deux fois sur le dernier tiers du film.
Ce film est recensé dans la page : LE FILM POLICIER ET LE THRILLER FRANÇAIS DE 1945 à nos jours.
LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE
La voiture des 3 policiers et du Tadjik approche de Roissy. Grand travelling sur les avions stationnés aux abords des pistes de l’aéroport. Musique de Bach. Scène trop étirée qui fait office de remplissage.
L’ANECDOTE
Le film sorti en pleine pandémie voit sa sortie repoussée de 5 mois pour cause de COVID 19. La sortie compliquée en raison du manque de confiance des spectateurs sur la transmission éventuelle du virus dans les salles de cinéma, n’est pas aidée non plus par le bouche-à-oreille. Le film perd dans sa deuxième semaine la moitié des entrées de la première qui plafonnait à 71 500.
NOTE : 07/20


