Synopsis
)Le narrateur explique que lorsque l’ïle de Manhattan était peuplée d’indiens, lors des fortes chaleurs de l’été, les hommes laissaient partir femmes et enfants vers les terres pour y trouver la fraîcheur. Et qu’à peine redevenus célibataires ils tombaient raides amoureux des jeunes squaw qui restaient sur l’île. Et qu’en ce milieu de XXème siècle il en va de même. Les cadres restent à Manhattan pour travailler tandis que femmes et enfants partent en vacances loin de la ville tentaculaire, où l’air frais manque. Ainsi Richard Sherman accompagne à Grand Central Terminal femme et enfant, qui partent pour le Maine en train. Il promet à sa femme, sur le quai, de ne pas céder à la tentation de l’alcool et du tabac. Il rentre chez lui avec la pagaie de kayak de son fils qu’il a oublié de lui donner. Il ne sait pas qu’une autre tentation l’attend dans son immeuble…
CRITIQUE
Le film est l’adaptation d’une pièce de théâtre écrite par George Axelrod qui en fait l’adaptation pour le cinéma avec Billy Wilder. La pièce est un succès immense et aborde l’adultère frontalement.
Avec « Sabrina » (1954) Billy Wilder inauguraitune série de films de comédie « moraliste » où le sexe est le moteur indispensable et critique de l’histoire racontée.
Viendront par la suite: « 7 ans de réflexion » (1955), « Ariane » (1957), « Certains l’aiment chaud » (« Some like it hot« ) (1959), « La garçonnière » (« The appartment« ) (1960), « Un, deux, trois » (« One, two, three« ) (1961), « Irma la douce » (1963) et « Embrasse-moi, idiot » (« Kiss me, stupid« ) (1964) après une parenthèse de 8 ans en 1972 il sortira « Avanti! » dans la même veine.
Si « 7 ans de réflexion » ne fait pas partie de ses chefs d’oeuvre de cette veine comme « Certains l’aiment chaud« , « La garçonnière« , et « Embrasse-moi, idiot« .
Cependant Billy Wilder et George Axelrod dessinent parfaitement les obsessions contradictoires du puritanisme américain et de l’attrait pour le sexe en dehors du mariage. Avec pour déclencheur des fantasmes sexuels masculins, Marilyn Monroe qui dans le film n’a pas de nom ni de prénom. C’est « la fille ».
Le problème qu’ont rencontré Billy Wilder et George Axelrod est le code Hays qui est encore en vigueur malgré les coups de boutoir de certains réalisateurs comme Alfred Hitchcock « Les enchainés » (« Notorious« ) (1946), Howard Hawks « Allez coucher ailleurs! » (« I was a male war bride« ) (1949) et bien d’autres. Le code Hays se craquèle au fil des années et des films qui le contournent ou pas.
L’adultère, contrairement à la pièce de théâtre, n’a pas lieu dans le film. Un chaste baiser sur les lèvres de la fille destiné à la femme de Richard. Voilà ce qu’il récoltera. La morale du Code Hays est sauve! Mais entre temps elle aura été sérieusement bousculée. Non pas forcément sur l’écran, mais dans les esprits des spectateurs.
Or l’intelligence du script ne fait pas de « la fille » une prédatrice sexuelle. Elle est juste belle, et cherche à se rafraîchir et tout est bon: dessous dans le frigo, climatisation, bouche d’aération du métro, champagne… C’est peut-être là tout le paradoxe, non seulement des personnages du film, mais de l’actrice principale.
Marilyn Monroe a toujours cherché à être autre chose qu’une femme désirable; même si par moments elle jouait de sa plastique. Elle a cherché à « intellectualiser » sa personnalité par ses lectures, ses amités et par le mariage avec Arthur Miller.
C’est l’homme qui par des solliloques contradictoires pense qu’il est un grand séducteur et qu’il va coucher avec « la fille » de l’appartement du dessus. Puis pris de remords vis-à-vis de sa femme, se mettre à penser que « la fille » est une briseuse de ménage qui veut le mettre dans son lit alors qu’il est un homme fidèle.
Le film pêche par les monologues du personnages, trop longs qui cassent le rythme du film. Certes le spectateur comprend bien que c’est l’homme sans sa famille, s’invente des situations à forte connotations sexuelles qui n’ont pas lieu d’être.
Mais soixante dix ans plus tard le film est à la peine et traîne en longueurs.
Les dialogues intérieurs du personnage principal montrent le combat mental et moral qu’exerce le puritanisme sur la liberté sexuelle.
Une des dernières situations illustre comment les désirs masculins réfrénés peuvent amener à la violence. Dans le film c’est un « ami » qui en fait les frais, mais cela aurait pu être avec un autre individu, « la fille » qui subisse les violences physiques ou sexuelles.
La mise en scène conserve aussi beaucoup des situations « théâtrales » de la pièce. Et cela fait un peu trop « pièce de théâtre filmée » malgré quelques scènes tournées hors de l’appartement de l’homme marié, dont la fameuse de la bouche d’aération du métro au sortir d’un cinéma.
Tom Ewell qui avait le rôle au théâtre le reprend dans le film tandis que Marilyn Monroe remplace Vanessa Brown. Marilyn Monroe étant dans une phase ascendante de sa carrière, alors que Vanessa Brown est quasi inconnue pour les amateurs de cinéma. Le film par son succès lui donnera à Marilyn Monroe un certain pouvoir sur les studios, qu’elle exercera sans tarder. Il lui reste 7 ans à vivre.
LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE
Un ami vient récupérer la pagaie pour la ramener dans le Maine. Mais Richard craque et est prêt à avouer un adultère avec « la fille » du dessus. La schyzophrénie du personnage atteint son paroxysme. Il est même question de la présence de Marilyn Monroe dans la pièce. Belle mise en abîme.
L’ANECDOTE
Billy Wilder rend hommage à la scène de baiser dans « Tant qu’il y aura des hommes » (« From here to eternity« ) (1953) de Fred Zinnemann. Un bon moment pour les cinéphiles.
NOTE : 14/20




