ALAIN CORNEAU (1943-2010) SCÉNARISTE, RÉALISATEUR, Biographie, Filmographie
- Alain Chabat, Gérard Depardieu, Jean-Hugues Anglade, Jean-Pierre Marielle, Kristin Scott Thomas, Ludivine Sagnier, Patrick Dewaere, Patrick Timsit, Sylvie Testud, Yves Montand
- Alain Corneau
- Aventures, Biographie, Comédie, Drame, Fantastique, Film noir, Guerre, Historique, Policier, Thriller
- 1943-2010
- France
- Alain Corneau
Synopsis
Alain Corneau grandit aux alentours de la ville d’Orléans, il y fait ses études, se spécialise en histoire et se passionne pour le jazz. Il participe à des formations de jazz franco-américaines en tant que batteur.
Il décide de se lancer dans la cinéma et part à Paris suivre les cours de l’IDHEC qui en 1986 deviendra la FEMIS.
Comme pour la musique, c’est le cinéma américain qui fascine Alain Corneau. Il est assistant réalisateur entre autres, de Roger Corman sur le film « Istambul, mission impossible » (« Target Henry« ) (1969), de Marcel Camus pour « Le mur de l’Atlantique » (1970), et Nadine Trintignant pour « Ça n’arrive qu’aux autres » (1971) et « Défense de savoir » (1973).
Il commence sa carrière de réalisateur avec le film « France, société anonyme » (1974) un film d’anticipation mâtiné de thriller qui ne convainc pas.
En 1976 il se tourne résolument vers le cinéma policier avec « Police Python 357« . Le film est une belle réussite. Alain Corneau travaille ses premiers scénarios sur des hommes qui tentent de modifier leur destin et qui s’enfoncent de plus en plus vers la tragédie.
Yves Montand est un inspecteur qui se retrouve potentiel suspect d’un meurtre qu’il n’a pas commis et qui tente désespérement d’orienter l’enquête. Le film est un succès critique et public.
Il enchaîne avec « La menace » film policier toujours avec Yves Montand. Ici la maîtresse d’un chef d’entreprise devient suspecte d’un meurtre (en fait un suicide) et l’amant oriente l’enquête vers lui-même en accumulant des fausses preuves. Bien entendu il sera rattrapé par le destin. La fin du film au Canada est mémorable.
1979 Alain Corneau présente « Série noire » un drame noir ayant pour sujet la chute dans le crime d’un raté. Le film est trop sombre pour que le succèen salles soit au rendez-vous. Mais au fil du temps le film est considéré comme un chef d’oeuvre, l’interprétation de Patrick Dewaere y étant pour beaucoup.
En 1981 retour en force avec un polar « Le choix des armes » avec une distribution étincelante. Yves Montand, Catherine Deneuve, Gérard Depardieu, Gérard Lanvin et Michel Galabru. Une fois encore le héros tente d’échapper à son destin de truand mais les faits le ramènent vers la violence et le drame. Succès public et critique qui note l’influence du cinéma américain dans ce film.
Alain Corneau change de registre et tourne un film au confin du film d’aventure et de l’épopée guerrière. Il reprend un projet de Robert Enrico qui se retire du film après le décès de Romy Schneider qui devait interpréter le rôle que tient Catherine Deneuve. « Fort Saganne« (1984) devient ainsi le film français le plus cher jamais tourné. Reconstitution historique, tournage dans le désert mauritanien. Outre Catherine Deneuve, au générique nous trouvons Gérard Depardieu, Philippe Noiret, Sophie Marceau, Michel Duchaussoy et Florent Pagny qui cherche sa voie entre cinéma et chanson.
Le film est un succès.
En 1986 Alain Corneau qui a besoin de se ressourcer avec un film plus modeste se replonge dans le film policier « Le môme » est hélas une grosse déception. Peut-être que Christian Clavier au scénario n’était pas la bonne personne à la bonne place.
Il enchaine avec un film plus personnel « Nocturne indien« . Une recherche d’une personne en Inde qui se transforme en recherche initiatique. Le film reçoit un bon accueil critique. Le public suit modérément.
En 1991 il revient au film en costume avec « Tous les matins du monde » et fait découvrir à la France la puissance de la musique baroque et de la viole de gambe. Le film est une biographie du compositeur Marin Marais et surtout de son apprentissage de la viole de gambe auprès du très austère
Sainte-Colombe. Film magnifique, austère aussi, avec un duo d’acteur au sommet Gérard Depardieu et Jean-Pierre Marielle. Le film est un énorme succès notamment au regard du sujet.
Le film reçoit 7 Césars et le prix Louis Delluc.
Alain Corneau a donné avec les films précédemment cités le meilleur de sa filmographie. Les films suivants ne seront pas toujours à la hauteur des attentes.
Alain Corneau tente l’autobiographie avec « Le nouveau monde » (1995) qui raconte l’influence américaine d’un jeune homme des années 1950 au contact des troupes présentes en France dans l’après guerre. Cette influence sera culturelle et aussi amoureuse.
Le film n’est pas franchement réussi et ne passionne guère le spectateur.
Suite à cet échec Alain Corneau replonge dans le film policier avec « Le cousin » (1997) et l’on retrouve un Alain Corneau inspiré qui confie son drame policier à deux vedettes de l’humour français. Alain Chabat et Patrick Timsit. Et tous deux sont très bons. Alain Corneau laisse les influences américaines de côté dans ce polar et montre que l’on peut faire du bon cinéma policier français.
Alain Corneau décide de changer de genre et d’aborder la comédie familiale avec « Le prince du Pacifique« . Le film est un succès. Ce n’est pas pour autant une bonne comédie. Elle est un peu poussive et mettre un enfant comme pour « Un indien dans la ville » (1994) d’Hervé Palud dans une
comédie n’est pas gage de comédie réussie.
En 2002 Alain Corneau adapte un livre de la très à la mode Amélie Nothomb. Et comme la romancière fait montre d’une étrange fascination-répulsion pour le Japon et ses codes notamment dans le milieu du travail. L’actrice Sylvie Testud porte le film sur ses épaules et reçoit un César.
Le cinéma d’Alain Corneau prend un nouveau virage avec « Les mots bleus » (2004) qui raconte la difficulté d’insertion dans la société des personnes illettrées et des enfants sourds-muets. Le sujet est pesant guère sexy pour attiere les foules en salles.
Face à cet échec, retour au film policier. Alain Corneau décide de faire un remake du chef d’oeuvre de Jean-Pierre Melville « Le deuxième souffle » (1966). Il le fait en laissant les influences du cinéma Hongkongais, notamment dans les ralentis et le traitement de la couleur. « Le deuxième souffle » (2007) est une énorme déception. Et le public ne suit pas du tout. L’échec est patent.
3 ans plus tard Alain Corneau tourne son dernier film « Crime d’amour » (2010). Nous sommes dans un thriller ayant pour protagonistes principales deux femmes rivales au sein d’une entreprise. Leur rivalité ira jusqu’au machiavélisme fatal.
Le film plaît à rueducine.com mais ce n’est pas un avis général dans la critique. Le cinéaste décède alors que son film est à l’affiche dans les salles de cinéma de France.