Synopsis
Paris années 1980, Maître d’Alins, un avocat d’affaires est assassiné dans les locaux du palais de justice de la capitale. La brigade anti criminalité dit « La crime » du commissaire Martin Griffon est chargée de l’enquête. Mais les pressions politiques sont fortes et pour mieux contrôler ce commissaire imprévisible, la direction de la police lui adjoint le contrôleur Jean-François Rambert. Ils furent amis jusqu’au jour où Rambert a pris la femme de Griffon. Une journaliste est témoin du meurtre et mènera elle aussi son enquête. Griffon s’aperçoit très vite que le fils de l’avocat maintient des contacts avec les tueurs de son père, et qu’un membre du gouvernement pourrait être impliqué dans cet assassinat…
CRITIQUE
Philippe Labro est un habitué du film policier. Il a signé trois beaux succès dans le thriller ou le film policier « Sans mobile apparent » (1971), « L’héritier » (1973) et « L’alpagueur » (1976).
Pour « La crime« , si la trame est solide, les dialogues (signés Jean-Patrick Manchette) sont plutôt insignifiants surtout dans leur volonté d’humour noir. C’est un humour au forceps et cela freine le récit.
On peut regretter que Philippe Labro ne se soit pas un peu plus intéressé au cas du ministre Lacassagne et à ses réactions au fur et à mesure de l’avancement de l’enquête. La fin de ce ministre semble brutale et somme toute peu compréhensible, d’autant qu’il avait réussi à se dégager d’une affaire politico-financière mal engagée.
Claude Brasseur en vieux flic bougon et solitaire qui enfile les impairs comme on enfile les perles, tient le film sur ses épaules.
Dayle Haddon est franchement mauvaise actrice. Sa palette de jeu est limitée dans son phrasé et sa gestuelle.
On peut remarquer l’excellent second rôle Luc-Antoine Diquéro en petit flic malin.
Bonne composition de Robert Hirsch en homme d’affaires véreux. L’acteur se délecte à jouer une crapule.
Enfin Jean-Louis Trintignant fait une (courte) apparition mais elle est mémorable. La marque des grands.
Les scénaristes tombent à pied joints dans le cliché de l’idylle entre le commissaire Griffon et la journaliste qui pour le coup s’avère largement téléphonée et inutile au récit.
Labro a été bien plus inspiré avec ses opus précédents, en particulier “Sans mobile apparent” (1971)
Pour sa première musique de film Reinhardt Wagner offre un score mollasson et sans grand intérêt. Trois petites notes scandées ad libitum, c’est peu. Il tire le film vers le bas notamment avec des orchestrations hasardeuses comme lors de la scène dans le cimetière ou la scène de suspense avant l’incendie de l’ascenseur.
Ce film est recensé dans la page : LE FILM POLICIER ET LE THRILLER FRANÇAIS DE 1945 à nos jours.
LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE
Le court face à face entre le commissaire Griffon (Claude Brasseur) et le ministre Lacassagne (Jean-Louis Trintignant). Deux monuments du cinéma français des années 1980, ça a quand même de la gueule. On regrette que cette scène ne soit pas plus développée.
L’ANECDOTE
Le romancier Jean-Patrick Manchette (1942-1995) est un écrivain qui s’est spécialisé dans le polar. Le cinéma a fait appel à lui pour écrire ou adapter des scénarios. Parmi lesquels « L’agression » (1975) de Gérard Pirès, « La guerre des polices » (1979) de Robin Davis et « Légitime violence » de Serge Leroy. Claude Brasseur (1936-2020) est de chacun de ces films.


