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Synopsis

Paris, années 2010, chronique entre vie de famille et vie de flic au sein de la brigade de Protection des Mineurs (BPM). Pédocriminalité, prostitution, viols, protection des mineurs, les cas se suivent à une cadence impressionnante. La brigade est suivie par une photographe…

CRITIQUE

Le film s’inspire de la technique de scénario de « L.627 » (1992) de Bertrand Tavernier, qui était aussi une chronique sur des affaires menées par une brigade des stupéfiants parisienne et un constat politique et social d’une ville (d’un pays) face à la lutte antidrogue.

Si Bertrand Tavernier s’inspire des anecdotes de la vie de policier de Michel Alexandre, Maïwenn a écrit son scénario en immersion dans la BPM. Comme la scénariste Catherine Breillat, dans le commissariat de Belleville pour « Police » (1985) de Maurice Pialat.
Dans « Polisse » le groupe suivi est d’une dizaine de membres, et la vie de famille des uns et des autres ainsi que la vie du groupe en dehors du travail, sont plus fouillées que dans le film de Tavernier.
Par conséquent, le récit de « Polisse » est plus éclaté. Et les affaires traitées (quasiment toutes réelles) sont moins développées. Pour la plupart il faut se contenter de la scène de déposition. Parfois même pas : la séparation des enfants de leurs parents et on passe à autre chose. Le spectateur ne sait plus rien. Cela peut frustrer. Par exemple une scène dans un tribunal sur un dossier en jugement aurait été bienvenue.
Cependant le film est tendu, les péripéties s’enchaînent, et une tension sourde pèse tout au long du film.

Pour rueducine.com, le personnage de la photographe, mandatée par le ministère de l’Intérieur, alourdit le film. Ce rôle que Maïwenn s’attribue n’a rien de réaliste : un Leica argentique en 2010 est largement dépassé, en praticité et en productivité. Cela ressemble à de l’auto-complaisance et un manque de recul sur un personnage tout à fait superfétatoire dans le film. D’autant que, là aussi, aucun résultat tangible de ce reportage : que sont devenues les photos ? A quoi ont-elles servi ?

La troupe d’actrices et d’acteurs qu’elle a réunis pour le film est cependant pertinente dans son engagement pour servir le film.
Le film a avant tout été écrit pour donner un grand rôle de cinéma à Joey Starr. Maïwenn dit :

Ce film je l’ai écrit pour lui. Il a été mon moteur et ma muse (NDLR : Maïwenn et Joey Starr étaient en couple jusqu’à la fin du tournage de « Polisse« .) De plus, j’avais envie de le surprendre, et qu’il soit fier de moi. Et puis, j’avais le sentiment que je ne m’étais pas servie suffisamment de son potentiel sur « Le bal des actrices » (2009), et je voulais donc aller plus loin encore, en allant chercher sa fragilité et sa pudeur.

On regrette que le film ne soit qu’une photographie de l’état de la protection de l’enfance en France. Le film manque singulièrement de position politique. Rien sur la politique du ministère de l’intérieur (les chiffres, le côté spectacle et médiatique), rien ou peu (il manque une voiture) sur les moyens alloués à la BPM pour faire son travail, rien sur la rémunération des officiers de la police, rien sur les heures de travail cumulées.
C’était aussi l’occasion de faire écho au film « L.627 » vingt ans après.
Et aussi d’annoncer par les dysfonctionnements de la police, de son organisation, de ses moyens et des priorités données par leur ministère de tutelle, les futurs drames (viols en série dans les crèches parisiennes et les écoles privées, infanticides…) qui ont secoué la France dans les années 2020.
Maïwenn est passée à côté d’un grand film. Pourtant, elle qui avait vécu en immersion avait tous les éléments en main pour y parvenir. C’est par son choix centré sur la chronique humaine qu’elle manque l’essentiel : la protection des mineurs en France, une priorité ou pas ?

Claude Guéant, ministre de l’intérieur en 2011, a salué le film et a dit qu’il reflétait bien la vie des policiers. Donc, tout va très bien madame la marquise !
rueducine.com renvoie à la réaction de Paul Quilès, ministre de l’Intérieur et de la sécurité publique (pléonasme), en 1992 après visionnage de « L.627« .

La musique de Stephen Warbeck est très discrète. Elle prend enfin sa place sur la fin du film.

Le film est un succès public avec plus de 2 400 000 entrées en France.  Il reçoit le prix du jury à Cannes, et Naidra Ayadi le César du meilleur espoir féminin.

Ce film est recensé dans la page : LE FILM POLICIER ET LE THRILLER FRANÇAIS DE 1945 à nos jours.

 

LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE

La scène de déposition d’un père qui veut marier sa fille au bled, où la policière démontre que ce mariage forcé aboutira au viol de sa fille par un mari qu’elle n’a pas choisi. La déposition se finit dans un accès de colère en arabe de la part de la policière (Naidra Ayadi) qui met le Coran sous le nez du père et lui demande où dans le Coran il est écrit que c’est le père qui doit choisir le mari de sa fille.

L’ANECDOTE

Après un premier jet du scénario, Emmanuelle Bercot, venue pour la conseiller, finit par intervenir dans le scénario et par lui conserver son réalisme.

NOTE : 13/20

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