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Synopsis

Jeff Costello habite un appartement lugubre avec pour seul agrément une petite cage avec un bouvreuil. Il se prépare. Borsalino et trench coat beige. Il sort et vole une voiture. Il se rend dans le fin fond d’une banlieue pour faire changer les plaques et prendre une arme chez un fourgue. Puis il se rend chez sa maîtresse pour lui dire qu’il a besoin qu’elle dise aux policiers qu’il était chez elle de 7h45 à 2h du matin. Elle lui dit qu’à 2h elle attend un homme. Il se rabat sur 1h45. Puis il se rend dans un cercle de jeu clandestin dans un hôtel borgne et réserve sa place pour 2h du matin. Enfin il se rend dans une boite de nuit traverse la salle principale puis les couloirs pour au final entrer dans une pièce privée et abattre le propriétaire des lieux…

CRITIQUE

Jean-Pierre Melville avec ce film tourne le film qui fera d’Alain Delon une icone du cinéma. Et « Le samouraï » deviendra un film qui influencera bien des cinéastes.

L’acteur français laconique, solitaire, porte sur lui le tragique du destin de son personnage. Mais en partie aussi le tragique de sa propre vie. Alain Delon finira seul et à partir des années 1980 lors d’interview parlera de lui à la troisième personne comme s’il était étranger à lui-même.

Film ascétique sur l’opposition de deux professionnels et deux perfectionnistes, l’un tueur à gage, l’autre policier. Tous deux mettent tous les leviers de leur métier, toute leur science pour parvenir à leur but. L’un pour attraper le tueur, l’autre pour échapper aux policiers et à ses employeurs.
Jean-Pierre Melville est le cinéaste dont le sujet de ses films est le perfectionnisme, et qui est un grand perfectionniste lui-même dans son art cinématographique. Il introduit un grain de sable dans le parcours meurtrier de Jef qui le mènera à sa perte.
On trouvera aussi ce thème dans certains films de l’américain Michael Mann « Le solitaire » (« Thief« ) (1981) « Heat » (1995), « Collateral » (2004).

Ce film est recensé dans la page : LE FILM POLICIER ET LE THRILLER FRANÇAIS DE 1945 à nos jours.

LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE

Jeff Costello rentre chez lui. Il pose son borsalino et son trench coat sur une patère. Puis il s’approche de la cage du bouvreuil et observe que celui-ci est plus agité qu’à l’habitude et a perdu quelques plumes. Jeff Costello commence à chercher des indices de la présence d’intrus dans son logement pendant son absence. Il ne tarde pas à trouver un micro. Scéne impressionnante sur la lutte des deux principaux protagonistes et de l’introduction de la technologie comme outil.

L’ANECDOTE

Jean-Pierre Melville pour obtenir de ses acteurs des choses (pensait-il) qu’il n’aurait pas obtenu par la gentillesse, se comportait assez mal avec ses acteurs. Allant parfois jusqu’à rabaisser certains d’entre eux. Sur le tournage de « L’aîné des Ferchaux« , Jean-Paul Belmondo profondément choqué par le comportement odieux du réalisateur envers l’acteur, alors âgé, Charles Vanel, s’est affonté physiquement à son réalisateur.
Une autre fois il a explosé après qu’on lui ait demandé de se présenter sur le plateau alors que les préparatifs du tournage étaient loin d’être terminés: « Je ne suis pas un guignol!« , « Je me casse!« .

NOTE : 16/20

 

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