SUDDEN IMPACT – LE RETOUR DE L’INSPECTEUR HARRY
- Audrie J. Neenan, Clint Eastwood, Pat Hingle, Paul Drake, Sondra Locke
- Clint Eastwood
- Policier
- 1983
- Sudden impact
- USA
- Joseph Stinson
- Lalo Schifrin
Synopsis
Baie de San Francisco années 1980, une femme abat un homme dans une voiture alors que le couple semblait s’appréter à avoir des relations sexuelles. Une balle dans les parties génitales, une autre dans la tête. L’inspecteur Harry Callahan se voit reprocher par une juge l’arrestation d’un homme alors qu’il y a un manifeste manque de preuves. L’inspecteur Harry se rend dans son diner favori pour y prendre son café matinal. Quatre hommes ont eu la mauvaise idée d’y faire un braquage. Avec son Smith et Wesson il abat trois hommes, le quatrième se rendant. Puis le soir l’inspecteur provoque une crise cardiaque d’un mafieux en le menaçant de mettre à jour des preuves retrouvées chez une prostituée de luxe. Tout cela irrite sa hiérarchie qui lui ordonne de se mettre au vert…
CRITIQUE
Clint Eastwood reprend le personnage de l’inspecteur Harry Callahan qui n’avait pas repris du service depuis 1976. Clint Eastwood se place devant et derrière la caméra et signe un film de la saga qui dénote des précédents. Notamment par le temps de présence à l’écran de Clint Eastwood réduit au profit de celui de Sondra Locke dans le rôle de Jennifer Spencer.
Le scénario surtout dans sa première demi-heure accumule trop de faits différents dans lesquels l’inspecteur est mélé. Cela fait rentrer le spectateur dans le film assez tardivement malgré les multiples péripéties. Mais elles sont secondaires et ne font pas avancer d’un pouce le récit principal.
Le personnage de Sondra Locke qui se venge par l’assassinat d’un viol qu’elle a subi avec sa soeur dix ans plus tôt. Elle devient ainsi le pendant obscur d’Harry Callahan. La scène où Jennifer Spencer juste après un meurtre brise un miroir dans lequel elle n’a pas pu se voir, suivie quelques minutes plus tard d’Harry Callahan qui se regarde dans le miroir brisé par Jennifer, en est largement explicite.
Ainsi Callahan trouve une femme qui elle aussi se pose la question de la légitimité vis-à-vis de la légalité. Il choisit à la fin du film la légitimité profitant du changement de main de l’arme utilisée par Jennifer.
« Le retour de l’inspecteur Harry » annonce les films de questionnements sur la violence que va tourner plus tard Clint Eastwood. « Chasseur blanc, coeur noir » (« White hunter, black heart ») (1990), « Impitoyable » (« Unforgiven« ) (1992), « Un monde parfait » (« A perfect world« ) (1993), « Mystic river » (2003) et « Gran Torino » (2009).
Les méchants au premier rang desquels Audrie J. Neenan et Paul Drake qui sont assez illuminés, donnent du relief au film.
La musique de Lalo Schifrin ne rend pas justice au film. Trop artificielle elle vieillit très mal.
LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE
La scène d’affrontement entre Ray Parkins et Jennifer Spencer. Une femme qui abat par arme à feu une autre femme froidement. Rarement vu au cinéma.
L’ANECDOTE
Richard Schikel indique dans sa biographie de Clint Eastwood que pour ce film, Sondra Locke soutire à la Malpaso (société de production de Clint Eastwood) 350000 dollars. Ce qui a passablement agacé l’acteur-producteur qui pensait s’en tirer à meilleur compte, Sondra Locke étant la femme qui partage sa vie depuis plusieurs années.
NOTE : 12/20
