INCORRIGIBLE (L’) (1975)

rueducine.com-l-incorrigible-1975FILM DE : Philippe de Broca
PAYS : FRANCE
GENRE : Comédie
AVEC : Jean-Paul Belmondo, Geneviève Bujold, Charles Gérard, Julien Guiomar, Capucine, Andréa Ferréol, Daniel Ceccaldi, Michel Beaune, Albert Simono, Pascale Roberts…
SCÉNARIO : Philippe de Broca, Michel Audiard
MUSIQUE : Georges Delerue

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SYNOPSIS : Paris, années 1970, Victor Vauthier sort de prison après trois mois d’incarcération. Il est regretté par ses gardiens. A peine sorti, il entre dans le bar situé en face de la prison de la santé et reprend sa profession: escroc! Il vit avec Camille qu’il fait passer pour son oncle, lui aussi escroc, mais intéressé par l’argent pour pouvoir investir dans une digue qui sauverait le Mont Saint Michel de l’ensablement. Victor est suivi par Marie-Charlotte une psychologue dont il s’éprend. Son père est conservateur du musée de Senlis qui abrite un triptyque du peintre espagnol El Greco. Camille a bien l’intention de profiter de l’aubaine…

CRITIQUE : Du Bebel qui s’amuse et amuse son monde. Cette première collaboration entre Philippe de Broca et le scénariste et dialoguiste Michel Audiard est une réussite. Cette histoire d’escroc, mythomane et séducteur est de très fine facture.
Le personnage que joue Julien Guiomar vient contrebalancer le personnage de Jean-Paul Belmondo. Il donne à son personnage de la profondeur  ainsi qu’une mélancolie poétique. On rit des élucubrations de Victor Vauthier qui mène plusieurs escroqueries à la fois sans aller au bout d’une seule.
Le réalisateur parvient à nous faire interroger sur cet homme qui court, qui court d’une intrigue à l’autre mais en vain. C’est un escroc peu motivé par l’argent mais plus par l’expression de sa mythomanie et le goût du déguisement.
Le film comme souvent chez Philippe de Broca a beaucoup de rythme. Et Jean-Paul Belmondo se régale (et nous régale) par ses travestissements, ses changements de ton ou d’accents brusques.
Les dialogues de Michel Audiard fusent et font mouche. Julien Guiomar et Jean-Paul Belmondo s’en donnent à coeur joie avec les mots de l’auteur.
Quant à Jean-Paul Belmondo il exulte. Même si le film fut tourné dans une atmosphère de tension entre Philippe de Broca et lui, il n’en laisse rien transparaître. Ses clowneries sont grandioses. Il parvient même à faire échapper à Capucine un fou rire conservé au montage final.
Un petit mot sur Geneviève Bujold: L’actrice canadienne fait une belle prestation et permet elle aussi de poser un peu le personnage joué par son partenaire.
Le casse du musée est sans doute moins bien réussi car accumule les scènes répétitives, mais la fin est admirable chose rare pour une comédie française.
Georges Delerue écrit une musique à la fois gaie et grave. Du grand art.
Une des meilleures comédies de Philippe de Broca et une des meilleures comédies françaises.

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LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE : Victor Vauthier rejoint Marie-Charlotte à l’opéra habillé comme Mandrake. Haut de forme, cape et chemise à jabot. Mais à peine installé il reconnaît la cantatrice qui s’avèrera être nymphomane et part la rejoindre dans les coulisses. Scène très réussie.

NOTE : 16/20

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L’ANECDOTE : Philippe de Broca voulait en générique de début un homme qui enlève des masques différents les uns derrière les autres tout en vieillissant au fur et à mesure pour finir sur un masque de mort. Refus horrifié de la production peureuse de l’effet désastreux sur les spectateurs. Le générique se déroule donc tristement sur le mur de la prison de la Santé à Paris.

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