DIAMANTS TÂCHÉS DE SANG
- Alberto Squillante, Barbara Bouchet, Carmelo Reale, Claudio Cassinelli, Martin Balsam, Olga Karlatos, Pier Paolo Capponi, Vittorio Caprioli
- Fernando Di Leo
- Policier, Thriller
- 1978
- Diamanti sporchi di sangue
- Italie
- Fernando Di Leo
- Luis Enriquez Bacalov
Synopsis
« Rome fin des années 1970, Guido Mauri et son ami Marco à la demande d’un chef de bande, cassent un coffre fort. Mais la police surgit et Guido protège la fuite de son ami Marco en se sacrifiant. Il se rend à la police et écope de plusieurs années de prison. Au sortir de celle-ci, sa femme Maria vient le chercher. Ils rentrent en bus, mais celui-ci est assailli par trois gangsters qui veulent faire main basse sur les valises des voyageurs. Guido voyant arriver une voiture profite de l’inattention des malfrats pour s’emparer du véhicule. Maria se précipite vers Gudi et meurt sous les balles d’un des gangsters. Guido élimine la bande et se précipite sur le corps sans vie de sa femme…
CRITIQUE
Le film reprend le thème général de « Milan calibre 9 » A savoir un gangster qui après quelques années de prison se rebelle contre son employeur chef de bande à la tête de divers trafics. Le rôle de Barbara Bouchet est symptomatique de ce fait, car il est très similaire à celui qu’elle tenait dans le film précédemment cité.
Le gros point noir du film est le choix de Claudio Cassinelli qui n’est pas fait pour le thriller ou le policier.
Déjà dans le film poliziottesco « La polizia ha le mani legate » (1970) de Luciano Ercoli rueducine.com déplorait le manque de charisme de l’acteur qui interprétait le rôle principal de commissaire de police.
Ici Claudio Cassinelli n’a pas progressé d’un pouce dans son jeu et son recrutement dans ce film, au fiancement au rabais, ressemble à un choix par défaut. On sait que Fernando Di Leo était fasciné par le cinéma de Jean-Pierre Melville. Il tente de faire de son Guido Mauri une sorte de « Samouraï » mais les choix désastreux du personnage empêchent de bien ressentir l’hommage au maître français.
Vittorio Caprioli ne convainc pas en flic impuissant dans sa lutte contre la grande criminalité et il sombre dans une espèce de ridicule avec ses palabres et ses gesticulations vaines.
Pour en revenir à Barbara Bouchet, sa beauté permet de faire passer la dragée du rôle déjà exploité dans « Milan calibre 9« . Nous avons même droit à la danse hallucinatoire dans un bar. En moins bien. La caméra ne trouve que deux angles pour la filmer et c’est insuffisant.
Dommage, parce que le méchant Pier Paolo Capponi est-lui plutôt bien campé et parvient à insérer un sentiment d’insécurité à ses interlocuteurs ainsi qu’au spectateur.

Martin Balsam interprète une sorte de chef de gang à l’ancienne avec un code de l’honneur que son second n’a pas. Ses choix sont réfléchis, pondérés tout en étant des choix de la malavita (la mauvaise vie).
Et Carmelo Reale en ami quasi mutique du héros est très bon.
Le budget et l’interprétation principale expliquent en grande partie l’échec artistique du film. Le musicien Luis Enriquez Bacalov n’a même pas droit à un orchestre. Il fait la musique du film avec un piano, un synthétiseur une guitare basse et une batterie.
Le réalisateur tourne vite.. et mal. Sa caméra est moins percutante que lors de ses grands films.
Ce film est finalement un remake pauvre et inutile.
LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE
La fin avec « l’élimination » du mouton noir de la bande.
L’ANECDOTE
Le film sort en salles en Italie le lendemain de l’enlèvement d’Aldo Moro via Fani à Rome. Il reste un bon succès au regard du coût du film.


