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Synopsis

Des meurtres brutaux sont commis à Milan et ses alentours,  l’inspecteur Lomenzo énergique et progressiste est chargé de l’enquête. Mais outre que les cadavres ont une carte tirée des illustations des récits moralisateurs du Struwwelpeter (Pierino Porcospino en italien) écrits par le psychiatre Heinrich Hoffmann déposée sur eux, très vite un club nommé « Les amis de la faune » devient un autre point commun. La police apprend qu’elle appartient à un certain Hoffmann et que la clientèle y est huppée et perverse…

CRITIQUE

Classé parmi les gialli en Italie, « E tanta paura » malgré la violence des assassinats, et la caméra subjective pour les filmer, s’éloigne quelque peu de ce filone (genre en italien). Le titre du film est trompeur. La peur n’est pas massive mais insidieuse.
Il ne rentre pas non plus dans le filone du poliziottesco qui privilégie l’action. Ici le film contient très peu d’action. Pas de poursuite en voitures par exemple.

Il balance plus vers le film policier satirique.

En effet Paolo Cavara et ses scénaristes Bernardino Zapponi et Enrico Oldoini, alertent sur les pouvoirs néfastes des personnes riches à partir du moment où elles sont traversées par des perversions morales sexuelles ou autres. Ils nous font toucher du doigt les dégâts sur la société qu’une oligarchie et (ou) une ploutocratie peuvent infliger aux petites gens. Ils montrent aussi que la puissance de l’argent permet de brouiller les pistes et font errer le policier de fausse piste en fausse piste.

Les brumes milanaises ajoutent à l’atmosphère trouble du film dans laquelle le commissaire tente de percer les mystères des meurtres.

Les stigmates de la stratégie de la tension affleurent le film notamment avec le personnage qu’interprète Eli Wallach sorte de grand ponte du renseignement et qui raffole de la technologie.Pour mener l’enquête les scénaristes utilisent un inspecteur de police napolitain à la lisière de la caricature (grande gueule et en révolte contre la hiérarchie) ainsi qu’une jeune femme ayant participé à des parties fines. Quelques scènes de coucheries pimentent le film. L’érotisme était de un passage obligatoire en ces années post 1968.

Le film est soigné dans sa technique (photographie, cadrages, décors, costumes). Les scénaristes font parfois dans la facilité notamment en ajoutant un trafic de diamants avec des barreaux de cages à fauves truquées.

LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE

Pietro Riccio étale sa technologie sécuritaire devant les yeux du commissaire. Les années de plomb ressurgissent alors aux yeux du spectateur italien.

L’ANECDOTE

Le scénariste Enrico Oldoini (1946-2023) devient réalisateur dans le milieu des années 1980 et tourne 15 films. Uniquement des comédies. Dans « E tanta paura » il est l’assistant de l’inspecteur Lomenzo.

NOTE : 13/20

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