POUDRE D’ESCAMPETTE (LA)
- Didi Perego, Hans Verner, Leopoldo Trieste, Louis Velle, Marlène Jobert, Michael York, Michel Piccoli
- Philippe de Broca
- Aventures, Comédie, Guerre
- 1971
- France, Italie
- Jean-Loup Dabadie
- Michel Legrand
Synopsis
Débacle de juin 1940, démobilisé, Valentin rentre chez lui à vélo. Mais sa ferme est détruite, il décide de partir au soleil. Nous le retrouvons en Tunisie où il se livre à des trafics en tous genres avec son bateau. Un avion britannique survole son bateau et s’abîme en mer, un membre de l’équipage (Basil) s’accroche au canot de secours de Valentin. Valentin dépose Basil sur une plage et Valentin part dans un petit village retrouver sa maîtresse qui tient un bar restaurant. Là les soldats italiens recherchent le soldat britannique qui se réfugie lui aussi chez la maîtresse de Valentin…
CRITIQUE
Philippe de Broca 5 ans après une comédie sur fond de première guerre mondiale, il tente la comédie sur fond de deuxième guerre mondiale. Si le film est plutôt plaisant dans son ensemble, le spectateur peut ressentir des frottements entre le ton dramatique, nécessaire par moments, et celui de la comédie.
Difficile de savoir si avec son scénariste Jean-Loup Dabadie Philippe de Broca a voulu faire son « Taxi pour Tobrouk« , ou une parodie dixit le journal « Télérama ». Si c’était le cas il n’est pas à la hauteur, notamment à cause des dialogues. Le film de Denys de la Patellière bénéficiait des dialogues affûtés de Michel Audiard, pour « La poudre d’escampette » les dialogues n’atteignent pas ce niveau.
Le scénario est aussi moins bien ficelé. Nous trouvons une béance lorsque les trois amis récupèrent l’avion allemand vidé de ses occupants et retrouvés morts loin de l’appareil sans la moindre explication plausible.
Les deux co-scénaristes s’ingénient à appuyer la comédie par l’opposition des caractères. Les italiens ne sont pas des foudres de guerre, les allemands plutôt teigneux, les anglais ont un flegme à toute épreuve, les suisses sont officiellement neutres mais travaillent en sous-main pour les nazis, et les français se débrouillent comme ils peuvent et évitent la confrontation jusqu’au moment où il faut finir en héros.
Philippe de Broca est cependant toujours parfait dans ses scènes de rêveries ou aussi les scènes de transition de la voiture roulant dans le désert par soleil couchant. Il parvient à nous offrir des moments de beauté et de grâce comme souvent dans ses films.
Marlène Jobert assure la partie charme du film sans se dénuder tout en prenant aussi le rôle des hommes : elle conduit les voitures, fait de la mécanique et pilote les avions, Michel Piccoli montre l’étendue de sa palette de jeu, c’est moins le cas de Michael York un poil monocorde.
Leopoldo Trieste
La musique de Michel Legrand manque d’ampleur sans être déplaisante. On peut regretter que ce ne soit pas Georges Delerue qui ait été à la baguette.
LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE
Le reveillon de Noël à trois dans une forteresse en plein désert abandonnée. Les bandes de munitions faisant office de guirlandes. Une scène typique du style de Philippe de Broca.
L’ANECDOTE
Dans son blog https://www.stephanegodet.com/ Stéphane Godet raconte :
Le ton volontairement léger de Philippe de Broca s’explique par son service militaire effectué au service cinématographique des armées en Allemagne, puis en Algérie comme chef opérateur ou réalisateur de courts métrages dont il est revenu très affecté par la guerre, se jurant de montrer dans ses futurs films la vie sous son meilleur jour.
NOTE : 13/20