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Synopsis

Débâcle de juin 1940, démobilisé, Valentin rentre chez lui à vélo. Mais sa ferme est détruite. Il décide donc de partir au soleil. Nous le retrouvons en Tunisie où il se livre à des trafics en tous genres avec son bateau. Un avion britannique survole son bateau et s’abîme en mer. Un membre de l’équipage (Basil) s’accroche au canot de secours de Valentin. Puis Valentin dépose Basil sur une plage et part dans un petit village retrouver sa maîtresse qui tient un bar-restaurant. Là, les soldats italiens recherchent le soldat britannique qui se réfugie lui aussi chez la maîtresse de Valentin…

CRITIQUE

Philippe de Broca, cinq ans après une comédie sur fond de première guerre mondiale, il tente la comédie sur fond de deuxième guerre mondiale. Si le film est plutôt plaisant dans son ensemble, le spectateur peut ressentir des frottements entre le ton dramatique, nécessaire par moments, et celui de la comédie.
Difficile de savoir si avec son scénariste Jean-Loup Dabadie, il a voulu faire son « Taxi pour Tobrouk » (1961), ou une parodie, dixit le journal « Télérama ». Si tel était son but, c’est raté : ni le scénario ni les dialogues ne sont à la hauteur. Le film de Denys de la Patellière bénéficiait des dialogues affûtés de Michel Audiard, pour « La poudre d’escampette » ils sont loin d’atteindre le niveau.
Le scénario est aussi moins bien ficelé que dans le film « Taxi pour Tobrouk« . Par exemple, on relève une béance lorsque les personnages principaux récupèrent l’avion allemand, vidé de ses occupants et retrouvés morts loin de l’appareil sans la moindre explication plausible.

Les deux co-scénaristes s’ingénient à appuyer la comédie par l’opposition des caractères et des stéréotypes. Les italiens ne sont pas des foudres de guerre, les allemands plutôt teigneux, les anglais ont un flegme à toute épreuve, les suisses sont officiellement neutres mais travaillent en sous-main pour les nazis, et les français se débrouillent comme ils peuvent et évitent la confrontation jusqu’au moment où il faut finir en héros.

Philippe de Broca est cependant toujours parfait dans ses scènes de rêveries ou aussi les scènes de transition de la voiture roulant dans le désert par soleil couchant. Il parvient à nous offrir des moments de beauté et de grâce comme souvent dans ses films.

Marlène Jobert assure la partie charme du film, sans se dénuder, tout en prenant aussi le rôle des hommes : elle conduit les voitures, fait de la mécanique et pilote les avions, Michel Piccoli montre l’étendue de sa palette de jeu d’autant que l’on est moins habitué à le voir dans ce genre de films. C’est moins le cas en ce qui concerne Michael York plutôt monocorde.
Leopoldo Trieste campe un militaire d’opérette de l’armée fasciste. Un des bons moments de comédie.

La musique de Michel Legrand manque d’ampleur sans être déplaisante. On peut regretter que ce ne soit pas Georges Delerue (compositeur habituel du réalisateur) qui ait été à la baguette.

LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE

Le réveillon de Noël à trois dans une forteresse abandonnée en plein désert. Les bandes de munitions faisant office de guirlandes. Une scène typique du style onirique de Philippe de Broca.

L’ANECDOTE

Dans son blog https://www.stephanegodet.com/ Stéphane Godet raconte :

Le ton volontairement léger de Philippe de Broca s’explique par son service militaire effectué au service cinématographique des armées en Allemagne, puis en Algérie comme chef opérateur ou réalisateur de courts métrages dont il est revenu très affecté par la guerre, se jurant de montrer dans ses futurs films la vie sous son meilleur jour.

NOTE : 13/20

 

 

 

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