AUTRE CÔTÈ DE LA VIOLENCE (L’)
- Anthony Steffen, Ennio Girolami, Francesco Ferratini, Franco Citti, Marcel Bozzuffi, Marcello Monti, Roberta Paladini, Stefano Patrizi, Umberto Liberati, Valerio Merola, Yan Epstein
- Marino Girolami
- Policier, Poliziottesco
- 1976
- Roma, l'altra faccia della violenza
- Italie
- Claire Sinko Solleville, Franco Clerici, Vincenzo Mannino
- Fabio Frizzi, Franco Bixio, Vince Tempera
Synopsis
Quatre bandits écument une villa des hauteurs de Rome, ils n’hésitent pas à user de la violence. La femme de ménage remise d’un coup reçu à la tête, appelle la police. Le commissaire Carli lance une poursuite mais les quatre fuyards font des victimes chez les policiers et parviennent à prendre la fuite. Quelque jours plus tard l’ingeniere Alessi, père de famille de la belle bourgeoisie d’une fille et d’un fils, ce dernier détestant son père, autorise sa fille à participer à une fête dans une famille tout aussi bourgeoise. Trois bandits surgissent sur le slieux de la fête et dépouillent de leurs bijoux les invités, dans un mouvement de confusion l’un des bandits tire et abat la fille Alessi. Les trois hommes prennent la fuite un chauffeur les attendait dans une voiture. Le père de famille brisé de douleur, se lance dans une chasse aux assassins. Le commissaire Carli enquête lui aussi avec ses hommes…
CRITIQUE
Mais qui est Marino Girolami (1914-1994) le réalisateur de ce film poliziottesco?
Eh bien c’est le père du plus connu réalisateur italien de films de genres Enzo G. Castellari qui a tourné le western italien « Keoma » (1976) et le poliziottesco « Un citoyen se rebelle » (« Un cittadino si ribella« ) (1974) et le frère de Romolo Guerrieri lui aussi réalisateur dont nous avons critiqué dans ce blog « Exécutions » (« Un détective« ) (1969).
Marino Girolami ancien boxeur qui s’est reconverti au cinéma, il a commencé comme acteur dans une poignée de films, puis s’est tourné vers la scénarisation, puis aura tourné pas loin de 80 films dans sa carrière entre 1953 et 1982. Habitué des comédies poussives et des westerns de troisième zone, c’est tardivement dans le filon poliziottesco qu’il tournera ses meilleurs films : « Rome violente » (« Roma violenta« ) (1975), « Roma, l’altra faccia della violenzia » (1976) et « Brigade spéciale en action » (« Italia a mano armata« ) (1976). Il replongera dans une certaine médiocrité après ces trois films.
Pour ce qui concerne « L’autre côté de la violence » Marino Girolami fait montre d’une aptitude à se fondre dans le genre poliziottesco et à en appliquer les codes avec un certain bonheur. Sûrement parce qu’entouré du scénariste spécialiste de ce genre, Vincenzi Mannino (il en a écrit déjà 4 avant ce film) et de bons techniciens que les réalisateurs et producteurs se passent et qui donnent au genre une esthétique reconnaissable.
Le film montre une jeunesse dorée dévoyée par le capitalisme et la toute puissance de l’argent. Les coupables de violences sont de jeunes riches, les victimes sont aussi les riches (en premier lieu) et les policiers. Le père sombre lui-même dans la violence dans un désir de vengeance. Sa famille finira anéantie.
La police est, elle, plutôt hostile à ce bourgeois qui se mêle de ce qui ne le regarde pas : L’enquête. Mais elle fonce sur une fausse piste alors que le père de famille est, lui, sur la bonne.
Le commissaire semble porter un intérêt envers un jeune orphelin qui vit d’expédients et qu’il tente d’aider à s’extirper de la spirale délinquante.
Contrairement à certaines productions du genre, et en particulier celles dans lesquelles Maurizio Merli apparaît, le message politique n’est pas celui d’une police qui se défait de tout cadre légal pour parvenir à ses fins.
Le film est efficace et rythmé. La réalisation est semblable à beaucoup de films poliziotteschi. Il montre l’ambiance de l’Italie des années de plomb du milieu des années 1970. Le spectateur visite les périphéries romaines huppées mais aussi industrielles et post industrielles, la crise de 1974 frappe déjà.
LA SCÉNE D’ANTHOLOGIE
La scène d’opposition frontale du fils Alessi envers son père. Le dérèglement moral du films semble patent. Les reproches du fils envers son père sont puérils
L’ANECDOTE
Le film fait même allusion à un terrible fait divers qui a eu lieu l’année précédente. Il s’agit du massacre du Circeo qui a eu lieu en septembre 1975. Deux jeunes amies d’origines modestes et à peine majeures ont été enlevées, violées, tortures pendant 36 heures, laissée pour morte pour l’une, et tuée pour l’autre.
Les auteurs de ce massacre étaient trois jeunes issues de la bourgeoisie romaine et militants néofascistes. Ce fait divers à été l’un des plus emblématique des années de plomb avec la mort d’un militant anarchiste défenestré du commissariat de Milan, Giuseppe Pinelli, qui suit l’attentat de la Piazza Fontana, la mort du policier Luigi Calabresi accusé par la gauche (mais il semblerait à tort) de la mort de Giuseppe Pinelli, et enfin la mort d’Aldo Moro.
NOTE : 13/20


