SUBWAY
- Christophe Lambert, Constantin Alexandrov, Isabelle Adjani, Jean Bouise, Jean Reno, Jean-Hugues Anglade, Jean-Pierre Bacri, Richard Bohringer
- Luc Besson
- Comédie romantique, Policier, Thriller
- 1985
- France
- Alain Le Henry, Luc Besson, Marc Perrier, Michel Galabru, Pierre Jolivet, Sophie Schmit
- chanson : Arthur Simms, Eric Serra
Synopsis
Fred est poursuivi par une voiture sur le périphérique puis dans Paris. Suite à une cascade qui mêne sa voiture sur une bouche de métro, Fred parvient à fuir ses poursuivants en se réfugiant dans les couloirs puis l’antre du réseau ferré sous terrain. Il appelle une femme et lui donne rendez-vous pour échanger des documents qu’il a dérobé contre de l’argent…
CRITIQUE
Nous avons là tout ce que le cinéma de Luc Beson, hélas, est et restera.
Des scènes avec parfois de bonnes idées de mise en scène (la horde de policiers qui déambulle dans les couloirs du métro filmés au steadycam) et des plans bien troussés, des dialogues souvent mièvres dans les scènes romantiques, une détestation de la police toujours ridiculisée, et un scénario d’une vacuité insondable faisant du film une succession de scènes sans un réel liant entre elles. Bref un cinéma pré-pubère qui ne grandira jamais.
Un des gros soucis du film est le personnage du « méchant ». Il est franchement raté. Et à part rendre sa femme malheureuse, on ne connaît guère ses motivations. Le McGuffin du film (les documents) est aussi trop peu abordé. On ne connaît pas l’importance de ceux-ci, ni leur valeur, ni l’intérêt à les posséder.
Enfin les intermèdes musicaux aussi sympathiques soient-ils tombent comme des cheveux dans la soupe. Cela n’a aucun sens.
Pour l’aider à réinventer le métro il fait appel au chef décorateur Alexandre Trauner (1906-1993).
Christophe Lambert est aussi une énigme dans ce film. Un jeu sans jeu couronné par un César. Un charisme sans charisme. Pour au final une carrière au cinéma sans carrière.
Heureusement Luc Besson s’entoure de seconds rôles mémorables. Jean-Pierre Bacri, Richard Bohringer, Michel Galabru et Jean Bouise.
Le film très ancré dans l’esthétique des années 1980 et des recettes du vidéo clip, pâtit quelques dizaines d’années plus tard d’un coup de vieux qui n’arrange pas les choses.
La musique d’Eric Serra est quant à elle mise en scène mais sans réel but. Ou alors le but du film était de nous montrer comment créer de toute pièce un groupe de rock avec des musiciens ramassés dans les couloirs du métro. Et franchement ce film non plus n’est pas une réussite.
LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE
La scène inutile dans laquelle Héléna et son mari sont invités chez le Préfet et la préfette. Cela permet juste à Isabelle Adjani, classieuse, à proférer des grossièretés. Le gamin Luc Besson casse ses jouets et saborde son film.
L’ANECDOTE
Alexandre Trauner est un chef décorateur d’origine hongroise. Il fait des études des beaux-arts à Budapest. En 1929 il émigre à Paris. Il est demandé sur les plateaux de cinéma. Il devient chef décorateur en 1937. il fait les grandes heures du réalisme poétique « Le quai des brumes » (1938) « Hôtel du Nord » ou « Le jour se lève » (1939) et « Les enfants du Paradis » (1945).
Bertrand Tavernier « Coup de torchon » (1981) et « Autour de minuit« , Claude Berri « Tchao Pantin » (1983), tourneront de grands films dont les décors de Trauner auront une réelle puissance dans la narration du film.
Alexandre Trauner a une carrière prestigieuse et internationale. « Othello » (1950) d’Orson Welles, « La nuit des généraux » (1966) d’Anatole Litvak « L’homme qui voulut être roi » (1975) de John Huston, « Don Giovanni » (1979) de Joseph Losey. Et beaucoup de films de Billy Wilder « La Garçonnière » (1960), « Un, deux, trois » (1961), « Embrasse-moi idiot » (1964), « La vie privée de Sherlock Holmes » (1970), « Fedora » (1977).



