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Synopsis

Palerme années 1970, Salvatore Santoro un boss mafieux est abattu dans le marché de la Vucciria. Mais celui-ci était surveillé de près par la police. Le commando d’assassins après une course poursuite dans les ruelles du centre ville de la capitale sicilienne est finalement arrêté. Le commissaire Berni venu de Rome pour arrêter le boss mafieux Barresi comprend que ce dernier est entrain d’éliminer ses concurrents. Mais Barresi est à New-York sous une fausse identité pour éviter que la police italienne fasse le rapprochement entre lui et l’assassinat du boss mafieux. Mais la police de New-York vient l’arrêter dans un restaurant pour possessions de faux papiers…

CRITIQUE 

Le filone né au milieu des années 1960 est déjà dans son crépuscule.
Nous classifierons ce film dans le genre poliziottesco et non dans le film de mafia, car bien qu’il s’agisse d’une chasse au mafieux, le film détient intrinsèquement les aspects du poliziottesco: Histoire urbaine, violence sanglante et soudaine, course poursuite (il n’y en a qu’une mais elle est spectaculaire), policier réduit à agir seul, et musique groovy.
Umberto Lenzi (1931-2017) a déjà tourné plusieurs films de ce filone (genre en italien). Dont un parmi les plus réussis du genre : »La rançon de la peur » (« Milano odia : La polizia non può sparare« ) (1974).
« De Corleone à Brooklyn » peut être considéré parmi les meilleurs poliziotteschi d’Umberto Lenzi.

Tout d’abord le film bénéficie d’un budget confortable sans être non plus opulent.

Le scénario est supérieur aux films poliziotteschi des Lenzi précédents « S.O.S. Jaguar : Opération casseurs » (« Napoli violenta« ) (1976), « Le cynique, l’infâme et le violent » (« Il cinico, l’infame e il violento« ) (1977), « Echec au gang » (« La banda del gobbo« ) (1978). Même si, ça et là des facilités apparaissent. Comme par exemple des tueurs qui surgissent sur le parcours du flic et son témoin pour les éliminer, mais on ne sait qui les renseigne et comment ils les retrouvent alors qu’ils ne cessent de changer de lieux et de moyen de locomotion.
La technique de fabrication du film est plus soignée qu’à l’accoutumée. L’argent mis dans le film apparaît clairement à l’écran.

Enfin Maurizio Merli (1940-1989) acteur très limité, allonge (un peu) sa palette de jeu. Il tourne une des ses meilleures prestations. Il est aidé en cela par des dialogues plus travaillés et moins néo-fascistes, laissant de côté les aspects  du « justicier » seul contre tous, dont il est le grand représentant en Italie.

Ce poliziottesco est aussi atypique pour deux raisons:
Il se situe en partie à Palerme, ville peu utilisée pour le filone poliziottesco, car iconique pour les films italiens sur la mafia. Milan, Rome, Genève et Turin lui sont préférés.
Il passe par un road movie de transfert de témoin semé d’embuches qui influencera sûrement le film « Palerme-Milan, aller simple » (« Palermo-Milano solo andata« )(1995) de Claudio Fragasso.
Enfin il se dépayse à New-York (Brooklyn) ce qui est onéreux et peu goûté des producteurs italiens qui financent les filone, et sont paradoxalement avaricieux.
Le portrait du parrain Barresi est ambivalent et moins manichéen qu’à l’accoutumée. C’est surprenant.

C’est un assassin sans pitié pour ses concurrents; il tue par procuration et se met à distance de ses meurtres. Mais c’est un homme sensible à l’injustice lorsqu’il la voit ou l’expérimente.  Il est, de plus, courageux face à la violence, notamment la violence carcérale.
Mais nous sommes en Italie et il est hors de question d’en faire un héros ou un personnage positif contrairement à ce que fait le cinéma américain qui aime faire des mafieux des personnages « romantiques » qui deviennent des icônes.
Si dans le film, il nous est montré une police « empêchée », c’est plus par le pouvoir de corruption de la mafia qui a investi l’institution policière et judiciaire que par le laxisme ambiant si décrié dans le poliziottescoLe témoin à abattre » (« La polizia incrimina, la legge assolve« ) (1973) d’Enzo G. Castellari, « Le grand kidnapping » (« La polizia sta a guardare« ) (1973) de Roberto Infascelli, ou «La polizia ha le mani legate » (1975) de Luciano Ercoli.
Franco Micalizzi a composé pour ce film une musique efficace et qui reste dans la tête. L’efficacité musicale italienne de ces années glorieuses du cinéma italien dans toute sa splendeur. D’autant que les morceaux diffusés dans le film sont variés.

LA SCÉNE D’ANTHOLOGIE

La course poursuite dans les rues du vieux Palerme. Sensations garanties.

L’ANECDOTE

Dernier film dit « poliziottesco » d’Umberto Lenzi et dernier film qui réunit le réalisateur et l’acteur Maurizio Merli.

NOTE : 14/20

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