CORLEONE À BROOKLYN
- Biagio Pelligra, Laura Belli, Mario Merola, Maurizio Merli, Van Johnson, Venantino Venantini
- Umberto Lenzi
- Mafia, Poliziottesco
- 1979
- Da Corleone a Brooklyn
- Italie
- Anselmo Manciori, Umberto Lenzi, Vincenzo Mannino
- Franco Micalizzi
Synopsis
Palerme années 1970, Salvatore Santoro un boss mafieux est abattu dans le marché de la Vucciria. Mais celui-ci était surveillé de près par la police. Le commando d’assassins après une course poursuite dans les ruelles du centre ville de la capitale sicilienne est finalement arrêté. Le commissaire Berni venu de Rome pour arrêter le boss mafieux Barresi comprend que ce dernier est en train d’éliminer ses concurrents. Mais Barresi est à New-York sous une fausse identité pour éviter que la police italienne fasse le rapprochement entre lui et l’assassinat du boss mafieux. La police de New-York vient l’arrêter dans un restaurant pour possessions de faux papiers…
CRITIQUE
Le filone est un genre de film exploité par les producteurs italiens suite à un succès en salles par exemple le western italien suite au film « Pour une poignée de dollars » (« Per un pugno di dollari ») (1964) de Sergio Leone ou le poliziottesco suite à « Bandits à Milan » (« Banditi a Milano ») (1968) de Carlo Lizzani. Le filone du poliziottesco né au milieu des années 1960 est déjà à son crépuscule après 11 ans d’exploitation à outrance.
Nous classifierons ce film dans le genre poliziottesco et non dans le film de mafia, car bien qu’il s’agisse d’une chasse au mafieux, le film détient intrinsèquement les aspects du poliziottesco: Histoire urbaine, violence sanglante et soudaine, course poursuite (il n’y en a qu’une mais elle est spectaculaire), policier réduit à agir seul, et musique groovy.
Tout d’abord le film bénéficie d’un budget confortable sans être non plus opulent.
Comme par exemple des tueurs qui surgissent sur le parcours du flic et son témoin pour les éliminer, mais on ne sait qui les renseigne et comment ils les retrouvent alors qu’ils ne cessent de changer de lieux et de moyen de locomotion. Certes cela donne du rythme mais au détriment de la vraisemblance.
Enfin Maurizio Merli (1940-1989) acteur très limité, allonge (un peu) sa palette de jeu. Il tourne une de ses meilleures prestations. Il est aidé en cela par des dialogues plus travaillés et moins réactionnaires qu’à l’accoutumée, laissant de côté les aspects du « vigilante » façon « Un justicier dans la ville » (« Death wish ») (1974) de Michael Winner seul contre tous, dont il est le grand représentant en Italie.
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Enfin il se dépayse à New-York (Brooklyn) ce qui est onéreux et peu goûté des producteurs italiens qui financent les filone, et sont paradoxalement avaricieux.

C’est un assassin sans pitié pour ses concurrents; il tue par procuration et se met à distance de ses meurtres. Mais c’est un homme sensible à l’injustice lorsqu’il la voit ou l’expérimente. Il est, de plus, courageux face à la violence, notamment la violence carcérale.
Mais nous sommes en Italie et il est hors de question d’en faire un héros ou un personnage positif contrairement à ce que fait le cinéma américain qui aime faire des mafieux des personnages « romantiques » qui deviennent des icônes.
Si dans le film, il nous est montré une police « empêchée », c’est plus par le pouvoir de corruption de la mafia qui a investi l’institution policière et judiciaire que par le laxisme ambiant si décrié dans le poliziottesco: Le témoin à abattre » (« La polizia incrimina, la legge assolve« ) (1973) d’Enzo G. Castellari, « Le grand kidnapping » (« La polizia sta a guardare« ) (1973) de Roberto Infascelli, ou «La polizia ha le mani legate » (1975) de Luciano Ercoli.




