Synopsis

Tony Le Stéphanois est sorti il y a quelque temps de taule. Il est tubard et raide côté oseille. Son aminche Jo le suédois vient le tirer d’une partie de poker où il s’est fait repasser par trois caves son dernier fifrelin. Jo le voyant dans la panade lui propose un coup pour se refaire. Dans un troquet il lui présente Mario Ferrati un rital sapé façon milord qui lui propose de se faire la vitrine d’en face remplie de joncaille. En deux coups les gros c’est pesé et emballé qu’il dit. Mais le Stéphanois ne veut pas risquer de se faire enchrister pour ballepeau. Il dit banco mais pour vider le coffiot et en loucedé, la noye quand le populo est dans les torchons…

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CRITIQUE

Jules Dassin poussé hors des Etats-Unis par la chasse aux sorcières en 1949 et dénoncé par Edward Dmytryk en tant que sympathisant communiste, s’exile en Europe. Il tourne un premier film en Angleterre « Les forbans de la nuit » (« Night and the city« ) (1950). Ce n’est que 5 ans plus tard qu’il put tourner en France ce film.

Adaptation d’un roman éponyme, d’Auguste Le Breton, inventeur du mot rififi (déposé) C’est lui qui a sorti l’argot et le verlan (il l’écrivait : verlen) du mitan pour le populariser par la littérature dans ses romans noirs.

Jules Dassin n’était pas particulièrement friand du folklore linguistique de Le Breton, mais comme il fallait bien se nourrir et ne pas perdre la main en ces temps difficiles pour lui, il accepte de tourner cette adaptation du roman. Beaucoup des effets de langages des voyous sont gommés dans le film.

Jules Dassin avec un budget quasi anorexique (pas de tête d’affiche dans la distribution) fait des prouesses de mise en scène, et donne à ce film un aspect quasi documentaire qui influencera c’est à n’en point douter Jean-Pierre Melville. Dans « Le deuxième souffle » (1966) on retrouvera quelques ingrédients, pour ne pas dire recettes, de ce film.

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Notamment cette scène du casse relaté dans ses moindres détails, ainsi que la description des ingéniosités déployées par les malfrats pour limiter les bruits (Ah le coup du parapluie!). En cela il reprend ce qu’il avait mis au point dans ces films noirs précédents et notamment ses films hollywoodiens.

La photographie est plutôt magnifique et les décors de Alexandre Trauner permettent de cacher le budget famélique du film.
Mais le film est aussi un modèle de scénario réussi. Touffu et prenant de bout en bout, le spectateur a de la matière à se mettre dans la dent creuse.

Si Robert Manuel surjoue en gangster italien, Jean Servais est impérial dans ce qui est sûrement son meilleur rôle au cinéma. Il est digne des Jean Gabin et Lino Ventura des grands jours.

Ce film est devenu un des premiers classiques français du thriller. C’est aussi un superbe voyage dans le Paris des années 1950.

Excellente musique de Georges Auric qui envoûte le film.

 

Ce film est recensé dans la page : LE FILM POLICIER ET LE THRILLER FRANÇAIS DE 1945 à nos jours.

 

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LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE

La longue scène de quasi une demi-heure sans dialogue, (juste des bruitages), du casse de la bijouterie minutieusement mise en image.

L’ANECDOTE

Le film reçoit le prix de la mise en scène au festival de Cannes.

NOTE : 16/20

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1 Comments

  1. François Jean-MIchel 14 janvier 2021

    ...Melville se lance alors dans l'adaptation de "Du rififi chez les hommes"(...) Il a été attiré par la scène du braquage de la bijouterie qu'il imagine sans dialogue. Il imagine Pierre Grasset dans le rôle principal. Quel producteur l'a engagé? Toute trace à disparu. Ce qui est sût, c'est que l'arrivée en France de Jules Dassin,(...) va changer la donne. "Les producteurs ont préféré lui confier le film , racontera Pierre Grasset. Dassin leur a dit qu'il n'acceptait pas, sauf au cas où Melville signait un papier disant qu'il se désistait de son propre gré. Les producteurs lui ont proposé la somme intégrale qu'il devait toucher, ils n'osaient pas ne pas le payer en lui demandant de renoncer" in "Jean-Pierre Melville : le solitaire / Bertrand Tessier; ed. Fayard 2017 NB Jean- Pierre Melville à repris la scène du braquage "muet" dans le "Cercle Rouge" ....comme tout le monde le sait