SANS RIEN SAVOIR D’ELLE
- Elisabetta Fanti, Ettore Geri, Fabrizio Moresco, Giorgio Piazza, Paola Pitagora, Philippe Leroy, Sara Franchetti, Silvano Tranquilli, Umberto D'Orsi
- Luigi Comencini
- Drame, Giallo, Policier
- 1969
- Senza sapere niente di lei
- Italie
- Antonio Leonviola, Leopoldo Machina, Luigi Comencini, Raffaele La Capria, Suso Cecchi d'Amico
- Ennio Morricone
Synopsis
Milan, fin des années 1960, l’avocat en assurances Nanni Brà est prié d’enquêter sur la mort suspecte d’une vieille femme décédée, ayant cinq enfants, avant de payer la seconde mensualité de son assurance vie au montant considérable. L’assurance n’étant pas valide en cas de suicide, la famille de la défunte tente d’orienter l’enquête vers un assassinat. L’autopsie ne révèle qu’une surdose médicamenteuse. L’avocat Brà prend en filature Cinzia, la plus jeune des filles de la défunte…
CRITIQUE
Ce n’est pas le film le plus célèbre de Luigi Comencini (1916-2007). Bien au contraire! Le réalisateur a connu son premier grans succès au cinéma avec le film du genre néoréalisme rose, qu’est l’immense succès « Pain, amour et fantaisie » (« Pane, amore e fantasia« ) (1953). Sa carrière sera d’un éclectisme impressionnant qui oscillera de la comédie au drame, du film en costume à la comédie à l’italienne. Avec « Sans rien savoir d’elle« , il frôle le giallo dans l’aspect psychologique de l’enquête sans vraiment plonger dans les codes du filon (crimes sanglants à l’arme blanche, caméra subjective).
Le film commence comme un vrai film policier avec les codes du genre (imperméable, chapeau mou, filature et musique de suspens) puis bifurque vers le film de moeurs avec la relation compliquée entre l’avocat et l’objet de sa filature et finit en drame. Il dénonce aussi le caractère patriarcal de la famille de Cinzia. Les hommes orientent l’enquêtent, et exercent une pression psychologique sur la jeune femme pour qu’elle ne parle pas.
La jeune femme est prise dans un étau (entre sa famille et l’avocat) et dans un premier temps cherche à s’en sortir par le suicide, celui-ci manqué et la vérité découverte elle devra utiliser un autre stratagème pour sauver les apparences.
La question du film est aussi de savoir si les sentiments entre Brà et Cinzia sont sincères. Ou s’il y a manipulation de l’avocat pour accéder à la vérité ou s’il y a manipulation de Cinzia pour éloigner Brà de la vérité. Tout au long du film la question reste posée. L’ambigüité est omniprésente. Et le spectateur ne saura pas vraiment.
Luigi Comencini utilise pleinement la technique des films italiens de l’époque notamment une superbe photographie dans un Milan embrumé.
Paola Pitagora joue avec une belle sensibilité cette femme mi-rebelle, mi soumise.
Philippe Leroy qui a eu une plus grosse carrière en Italie qu’en France met le minimum d’effet dans son jeu. Cette sobriété convient parfaitement au personnage.
La musique d’Ennio Morricone tout comme le film n’est pas la plus célèbre de ses 500 et quelques bandes originales, mais elle accompagne magnifiquement le film avec deux mélodies distinctes. La première générique d’ambiance à la fois légère et à la mélodie alambiquée comme la psychologie des personnages, le deuxième air accompagne les scènes purement « policières » et intensifient le suspens des images.
LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE
L’ultime scène en travelling extrèmement dramatique et un peu ironique.
L’ANECDOTE
Paola Pitagora a tourné dans une quarantaine de films au cinéma et une vingtaine pour la télévision (fiction et séries). Souvent des petits rôles ou des
seconds rôles. On l’aperçoit dans des films comme « Le mauvais chemin » (« La viaccia« ) (1961) de Mauro Bolognini, « Barabbas » (1961) de Richard Fleisher, « Les poings dans les poches » (« I pugni in tasca« ) (1965) de Marco Bellocchio, « Le serpent » (1973) d’Henri Verneuil, « La poursuite implacable » (« Revolver« ) (1973) de Sergio Sollima,
Elle a eu courte une carrière de présentatrice à la télévision et a sorti deux disques de variété.
Pour « Sans rien savoir d’elle » elle reçoit le Nastro d’argento de la meilleure actrice.




