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Aux Etats-Unis dans les années 1950 se tournent de grands péplums dont le premier « Quo Vadis » de Mervyn LeRoy, « Les 10 commandements » de Cecil B. De Mille « Ben-Hur » de William Wyler, « Spartacus » de Stanley Kubrick et « Cléopâtre » de Joseph L. Mankiewicz. Ces productions profitent des installations et des coûts de production de Cinecittà. Ce qui lance l’industrie de péplums italiens avec des héros tels Hercule ou Maciste aux diverses aventures qui amusent les foules italiennes et européennes. Mais le genre se tarit et le principal studio italien « Titanus » est en faillite.

1964 : Sergio Leone sort lui aussi du péplum « Les derniers jours de Pompéi« , « Sodome et Gomorrhe » et « Le colosse de Rhodes » décide d’adapter un film japonais de samouraï d’Akira Kurosawa « Yojimbo » en western qui s’intitule « Pour une poignée de dollars » Tout en rejetant le code américain des films de John Ford, John Sturges ou Howard Hawks. Le héros n’est pas issue de la cavalerie ou un fermier aux prises d’un potentat régional. Le héros surgit de nulle part, ne porte pas de nom et possède une morale plus que douteuse. Le film contient une violence inhabituelle empreinte de sadisme. Nouveauté un drôle d’humour noir s’invite dans le genre. Mais aussi un ton cynique sur la destinée de ces hommes confronté à la mort. Les plans de Sergio Leone étirent le temps avant les scènes d’action, qui elles, sont très brèves.

Sergio Leone a fait appel à un musicien qui inventera aussi une musique qui créera le genre. Ce musicien c’est Ennio Morricone. Il mélangera au son des trompettes et des guitares, des sons étranges comme des coups de fouets, des sifflets, des cris d’animaux, des chœurs humains rugissants…

Dans ce film il fait le choix judicieux de prendre comme acteur principal Clint Eastwood qui incarnera ce genre alors qu’il n’aura tourné en tout et pour tout que trois films de ce genre. Le résultat est baroque, flamboyant et décadent. Ce genre (en italien on appelle cela un filon, ce qui signifie le côté exploitation jusqu’à épuisement) sera usé jusqu’à la corde entre 1964 et 1974.

Le résultat de cette nouvelle recette cinématographique donne un résultat flamboyant et baroque mais aussi décadent. Il contient en lui-même ce qui le tuera un peu moins de 10 années car il sera repris à satiété par des réalisateurs et des producteurs ayant peu de scrupules et ne voyant que l’apport immédiat de devises. Financements faméliques, scénarios improbables, réalisateurs tâcherons, castings à l’emporte pièce, et distribution à la va-vite…

Le style de Sergio Leone sera d’abord imité puis parodié. Puis viendra la parodie de la parodie qui aura pour étalon le cycle des « Trinita » et sera surnommé le « western fayot ». Et une fois ceci épuisé ce sera la mort du genre au milieu des années 1970. La source piétinée et empoisonnée finira imbuvable.

Les plus grands réalisateurs de westerns italiens sont:

Sergio Leone le père du genre avec « Pour une poignée de dollars » (1964), « Et pour quelques dollars de plus » (1965). Ainsi que trois chefs d’œuvre: « Le bon la brute et le truand » (1966), « Il était une fois dans l’ouest » (1968) et « Il était une fois la révolution » (1971) où il explore la veine du western dit « Zapata » qui fait référence aux périodes d’instabilité politique au Mexique au début du XXème siècle. L’inventeur du genre disait être « le père de cinquante fils de pute ».

Sergio Corbucci qui exacerba la violence dans ses films et fit scandale pour cela notamment avec « Django » (1966), « Navajo Joe » (1966), »El mercenario » (1968), « Le grand Silence » (1968) et « Compañeros » (1970).

Sergio Sollima qui n’a tourné que trois westerns et a introduit par la bande la politique dans ces westerns. « Colorado » (1966), « Le dernier face à face » (1967) et sa suite  « Saludos, hombre » (1968).

Ces trois réalisateurs parvinrent à maintenir une tenue du genre et évitèrent de tomber dans les pièges de la facilité du genre.

Damiano Damiani a sa place parmi les plus représentatifs avec « El Chuncho » (1966) western éminemment politique. Et la pochade « Un génie, deux associés, une cloche » (1975).

Tonino Valerii a débuté sa carrière dans ce genre par : « Per il gusto di uccidere« , ont succédé « Le dernier jour de la colère« , (« I giorni dell’ira« ) (1967), « Texas » (« Il prezzo del potere« ) (1969), « Une raison pour vivre, une raison pour mourir » (1972) et « Mon nom est Personne » (« Il mio nome è Nessuno« ) (1973).

Duccio Tessari un peu plus à la peine que les sus-nommé avec « Un pistolet pour Ringo » (1965), « Le retour de Ringo » (1965) et « Et viva la révolution! » (1971)

Lucio Fulci roi des sous-genres (filons) (western, giallo, horreur) signe un flamboyant « Le temps du massacre » (1966).

Giorgio Ferroni a tourné trois westerns de bonne facture comme « Wanted » (1967).

De grands scénaristes se sont penchés sur le berceau du western italiens : Luciano Vincenzoni, Sergio Donati, Franco Solinas… quelques futurs metteurs en scène comme Duccio Tessari, Fernando Di Leo, Dario Argento ou Bernardo Bertolucci (ces deux derniers pour « Il était une fois dans l’ouest« ).

Le musicien emblématique du western italien est Ennio Morricone qui en illustrera une trentaine et la plupart des chefs d’œuvre du genre. Ce sont aussi illustrés dans le genre : Bruno Nicolai, Luis Enriquez Bacalov, Riz Ortolani, Piero Umiliani, Andrea de Masi, Angelo Francesco Lavagnino, Piero Piccioni, Alessandro Alessandroni…

Les acteurs qui ont marqué le genre sont Clint Eastwood qui n’a fait que trois films de ce genre, Gian Maria Volonté, Lee van Cleef, Klaus Kinski, Franco Nero, Tomàs Milian, Giuliano Gemma, Jack Palance, Eli Wallach, Frank Wolff, Luigi Pistilli, Fernando Sancho, Horst Frank et dans le style parodique: Terence Hill et Bud Spencer.